Rapport d’activités 2016

INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LE CENTRE SOHRAM-CASRA

Le Projet SOHRAM/CASRA « Egalité et solidarité humaines » existe depuis 2000 à Diyarbakir/Sud-est de la Turquie. C’est une organisation sans but lucratif, communautaire et non gouvernementale.

Deux principes fondamentaux régissent en permanence les activités du Centre: Rester indépendant de toute organisation politique et Rejeter l’emploi de toute violence.

Une attention particulière est accordée aux victimes de la guerre, de la torture, aux victimes de discriminations fondées sur la religion, aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées.  SOHRAM a été le premier centre de la région ouvert à tous, et reste le seul à ce jour, à offrir des services et des psychothérapies en langues arabe, kurde, syriaque et turque à ces victimes.

Le but principal de SOHRAM-CASRA à Diyarbakir est, dès l’origine, la réintégration des victimes de la torture, de la violence et des réfugiés de la guerre.

Initiative locale, qui fait appel aux forces locales, le Centre veut rétablir, avec des moyens modestes, la dignité de l’être humain, en aidant les victimes de la torture, de la guerre, des troubles sociaux, de la violence familiale, du harcèlement sexuel.

SOHRAM a développé un programme de dialogue interculturel et interreligieux, et s’efforce de favoriser des rencontres entre toutes les populations, les minorités ethniques, ainsi qu’entre les religions, en particulier entre les chrétiens (Syriaques, Arméniens), les musulmans et les alévis.

SOHRAM considère que la réhabilitation des victimes et leur réadaptation sociale sont des éléments indissociables d’un projet complet. Grâce à une complémentarité de l’aide sur les plans physique, psychique et social, les personnes qui bénéficient de nos services pourront réintégrer la société comme individus libres et autonomes.

La spécificité de SOHRAM est de faire un travail global comprenant : éducation, thérapies, approche interculturelle et interreligieuse et aide aux réfugiés. En effet, une psychothérapie ne sert à rien si l’on ne trouve pas de travail et il ne sert à rien de recevoir une couverture, quand on est réfugié(e), si on ne trouve pas un lieu où vivre et si les mentalités ne changent pas. Si l’un de ces programmes ne peut pas être réalisé, c’est tout le concept de SOHRAM qui s’écroule. Il importe de renforcer l’espoir des victimes par la solidarité et de les encourager à se réorganiser.

L’accueil des réfugiés, et le dialogue inter-ethnique et inter-religieux font aussi partie de cette vision globale.

On a souvent dit que le travail pour la paix n’était possible que si les mentalités changeaient. SOHRAM devra donc intensifier son travail dans ces domaines, participant à un effort général de “peace-building”

Pour atteindre nos objectifs, nous avons mis sur pied les programmes suivants :

  • Soutien éducatif pour les enfants victimes de la violence (guerre – conflit interne – torture – violence familiale etc.)
  • Aide aux réfugiés et aux victimes du conflit interne (aide sociale, distribution de lait pour les bébés, recherche de travail, distribution d’habits neuf et de seconde main, de denrées alimentaires de première nécessité aux réfugiés de la guerre, conseil)
  • Aide juridique (consultations et préparation de dossiers)
  • Thérapie pour les victimes traumatisées, aide médicale (consultations et médicaments gratuits)
  • Dialogue interculturel et interreligieux / communication,

Résolution pacifique des conflits et éducation à une culture de la non-violence, promotion et défense des droits humains en général le tout complété, au besoin et selon les possibilités, par divers appuis

ACTIVITÉS de SOHRAM POUR LES RÉFUGIES, POUR LA PAIX et CONTRE LA VIOLENCE

Les événements récents survenus dans notre région (Sud-est de la Turquie) et au Moyen Orient ont donné à SOHRAM une importance et une mission nouvelles : ce sont notamment l’afflux de réfugiés venus de Syrie et d’Irak. La guerre civile qui dure depuis 5 ans en Syrie s’est transformée en guerre « par procuration » d’autres États. La situation exacerbée réduit les perspectives de paix et les réfugiés ont connu le désespoir en 2016. En Turquie même, la montée de l’islamisme, qui tend à condamner ceux qui n’adhèrent pas à une certaine façon d’interpréter l’islam, a favorisé un climat de haine ethnique et religieuse. La Turquie a été la cible de 26 attentats terroristes en 2016. Ils ont causé la mort de 331 personnes et 1596 personnes ont été blessées.

Le 15 juillet 2016  une tentative de coup d’Etat a été organisée par un groupe militaire. Cette nouvelle situation aggrave considérablement nos conditions de travail.

Bilan de la tentative de coup d’état Le 15 juillet-31 décembre 2016

Description Nombres de personnes
Nombre de décès dus à la tentative de coup d’Etat 62 policiers, 5 soldats, 184 civils : total 251 personnes, dont 5 mineurs.
Nombre de blessés 1’535, dont 124 policiers et 1’390 civils.
Nombre de détenus Environ 49’786 personnes
Nombre de personnes arrêtées Environ 38’648 personnes
Nombre de résiliations de contrats de travail Environ 126’687
Nombre de fermetures de fondations et d’associations 114 fondations et 1’132 associations
Nombre de fermetures de pourvoyeurs de soins de santé 35 hôpitaux
Nombre de fermetures d’établissements destinés à la jeunesse 936 écoles privées, 112 auberges de jeunesse privées, 16 universités privées.
Nombre de fermetures de syndicats 19 syndicats
Nombre de fermetures de journaux et chênes des télévisions 9 journaux et 22 chaînes de télévision
Nombre de décès en garde à vue et en prison 3 personnes (1 professeur en garde à vue, 1 gardien et un colonel en prison)
Délai de garde à vue sous l’état d’urgence 30 jours
Durée prévue de l’état d’urgence 6 mois à partir du 21 juillet 2016
  • Les imams ont refusé de célébrer les obsèques religieuses des personnes mortes lors du coup d’Etat et qui avaient une relation avec celui-ci.
  • Le maire d’Istanbul a annoncé la création d’un cimetière, qu’il a nommé le cimetière des traitres, réservé aux personnes décédées lors du coup d’Etat et qui étaient associées à celui-ci. En raison de cette mesure, une famille a dû enterrer le corps de leur fils dans le jardin de leur maison.
  • Un débat visant à rétablir la peine du mort est en cours. Mais selon les informations que nous avons reçues de différents politiciens (AKP-CHP-HDP) en ce moment, heureusement, il ne semble pas qu’un projet politique réel existe en la matière.

Nouvelles missions de SOHRAM : SOHRAM, du fait des facteurs mentionnés ci-dessus, se trouve face à de nouvelles tâches. Celles-ci dépassent de beaucoup les capacités dont disposait jusqu’à présent la petite équipe composée du directeur du Centre, des psychothérapeutes, de l’assistante sociale et d’une dizaine de bénévoles (juriste, enseignants, etc.).

Problèmes spécifiques des réfugiés dans la région de Diyarbakir :

Depuis l’aggravation de la guerre civile en Syrie, soit depuis 2012, et depuis les exactions commises par les terroristes de l’Etat islamique (Daesh) en été 2014, les réfugiés affluent en Turquie. Diyarbakir est proche des frontières syrienne et irakienne. Le gouvernement turc donnait en mai 2016 le chiffre de 3,5 millions de réfugiés en Turquie, sûrement inférieur à la réalité. Seuls 260’000 sont hébergés dans des camps ouverts par le gouvernement et par le Haut-Commissariat pour les Réfugiés. Ces camps sont souvent contrôlés par des groupes islamistes, ce qui rend la vie des chrétiens, des Yézidis, des Alévites, etc. encore plus difficile.

Ceux qui ne sont pas hébergés dans des camps, soit environ 90 % des réfugiés en Turquie, doivent se débrouiller, demander l’hospitalité, coucher dans la rue, mendier. Les plus fortunés essaient de fuir la Turquie.

On estime à 80’000-100’000 le nombre de réfugiés à Diyarbakir. Comme dans tout pays qui connaît un afflux massif de réfugiés, la population locale manifeste une hostilité croissante envers eux. Se pose en outre la question de la langue: ces réfugiés parlent en général arabe, langue qui n’est parlée que par une minorité de Turcs; quelques-uns parlent kurde et ont plus de chance de se faire comprendre dans les régions majoritairement kurdes de Turquie et de trouver de petits emplois. L’inquiétude augmente à l’approche de l’hiver qui peut être très froid dans cette région. Les plus malheureux sont les malades, les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, celles et ceux qui appartiennent à des minorités religieuses (chrétiens, Yézidis, Alévites, etc.).

SOHRAM a fait des déclarations à la presse pour, d’une part, appeler à la fin des hostilités en Syrie et, d’autre part, sensibiliser l’opinion aux besoins des réfugiés.

Les activités de SOHRAM en 2016

Aide aux réfugiés syriens en 2016 : SOHRAM ne peut et ne veut pas fermer les yeux sur l’immense misère de ces réfugiés Syriens. Depuis l’automne 2013, SOHRAM s’efforce de les aider en obtenant pour eux des produits alimentaires ou un hébergement gratuit, en offrant des cours de turc pour les enfants et les adultes, en procurant des soins aux malades et en scolarisant les enfants. Des milliers de personnes ont bénéficié de cette aide fournie sans distinction de race, de religion ou de secte.

Une attention particulière a été accordée aux bébés et une collecte a été organisée afin de pouvoir distribuer 4 litre de lait par semaine à chacun des 328 petits bénéficiaires.

Un Comité de réfugiés, soutenu par SOHRAM, s’est créé en vue d’améliorer l’aide qui leur est destinée. Il est composé de jeunes Syriens et de bénévoles de SOHRAM qui ont suivi nos séminaires « Nous sommes comme les autres les autres sont comme nous », ainsi que des cours de langue turque.

Ce Comité a organisé 4 réunions avec les réfugiés et défini son but comme suit :

« Il est vrai qu’à cause de la guerre notre pays, la Syrie, est détruit et qu’il n’en reste presque plus rien. Mais si nous parvenons à mettre fin à cette guerre sans pitié, nous pourrons le reconstruire. Avec soutien de SOHRAM nous organiserons des réunions au Centre SOHRAM pour informer nos compatriotes, pour protéger et faire grandir en eux l’espoir qu’un jour le retour dans notre pays sera possible. »

Ses activités contribuent à :

  • Organiser la distribution de l’aide aux réfugiés.
  • Fournir des informations sur l’importance de rester proche de ses frontières en vue du retour au pays. Nous sommes des millions de réfugiés Syriens (Arabo-Syriaque, Kurdes, Arméniens, Musulmans, Chrétiens, Alévis, etc.) en Turquie et dans le monde et cherchons protection contre la barbarie de la guerre, comme tous les Syriens en quête d’un lieu où leur famille puisse vivre en sécurité et loin de la guerre. Mais nous savons que si nous nous éloignons des frontières de notre pays, nous le perdrons. Nous vous appelons instamment à rester proches de nos frontières. Notre pays existe encore, mais la barbarie d’une guerre menée par des étrangers nous a obligés à le quitter. Cette guerre n’est pas celle des Syriens, c’est celle d’étrangers, presque une guerre mondiale. Nous disons aux jeunes Syriens : refusez de participer à cette guerre cruelle, qui n’est pas la nôtre.
  • Protéger et accroître l’espoir et encourager le retour des réfugiés dans leur pays.
  • Fournir des informations sur les dangers de l’émigration clandestine vers l’Europe. Chaque jour on apprend que des dizaines et même des centaines de réfugiés meurent en Méditerranée. Nous nous efforcerons d’expliquer à nos compatriotes les dangers de l’immigration clandestine vers l’Europe et de leur faire prendre conscience que l’exil en Europe n’est pas une libération, mais une autre forme de souffrance. La seule liberté sera dans notre pays sans guerre.
  • Susciter une vision et une mentalité sans violence. Grâce au précieux soutien de SOHRAM nous avons pris conscience de la réalité multiculturelle et pluri-religieuse de notre pays et sommes convaincus qu’elle doit être laïque. Nous sommes tous des êtres humains et devons vivre ensemble, Arabo-Syriaque, Kurdes, Arméniens, Musulmans, Chrétiens, Alévis…etc. dans l’égalité, la fraternité et la paix. Nous demandons que des solutions aux problèmes de la Syrie soient recherchées dans le dialogue, et non par les armes, par des processus démocratiques et entre Syriens. Pour pouvoir mener ce dialogue entre nous, nous appelons tous les mouvements étrangers non originaires de Syrie à quitter notre pays.
  • Créer un réseau entre les réfugiés et organiser des réunions dans le Centre pour favoriser le développement de la solidarité entre eux.

C’est un projet à long terme que nous devons maintenir – et soutenir financièrement. Malgré notre budget modeste, notre Centre est devenu pour les réfugiés Syriens un lieu de rencontre, un signe d’espoir pour eux tous de même que pour les victimes de la torture et de la violence.

Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à les aider. Votre soutien sera une lueur d’espoir pour un bébé, un enfant ou une personne âgée et pour une victime de la torture et de la violence.

Sohram distribue une aide d’urgence : alimentation et 4 litres de lait par semaine pour chaque bébé

Notre programme pour les réfugiés contribue à créer pour l’avenir un contact qui devrait perdurer entre SOHRAM et les réfugiés, pour le jour où jour ils rentreront en Syrie.

Conflits internes : Malheureusement en 2016 les espoirs de paix ne se sont pas concrétisés. Le conflit s’est exacerbé entre le PKK et l’Etat turc. En raison de ce conflit interne, un climat de violence s’est malheureusement instauré. Le PKK utilise des voitures piégées et des kamikazes. L’Etat poursuit ses opérations contre les forces du PKK, en province par les forces spéciales de l’armée, et dans les villes par les unités spéciales de la police.  Selon les déclarations officielles diffusées par les médias environ 12’800 personnes sont mortes, environ 3’000 autres blessées et environ 8’000 ont été mises en garde à vue ou arrêtées ; environ 500’000 personnes ont été obligées de quitter leur domicile. En réalité personnes ne connaît les chiffres exacts.

Il a été observé cette année aussi que de nombreux enfants de moins de 18 ans prennent part au conflit, une situation qui, selon la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies constitue une violation des droits de l’homme ainsi que des Conventions de Genève, ce que nous tenons à dénoncer. Nous appelons ceux qui détiennent ces mineurs à les remettre inconditionnellement à leurs familles.

Nous appelons les institutions de l’Etat, à respecter scrupuleusement les normes juridiques nationales et internationales.

Depuis le 4 novembre 2016, 26 députés et 62 maires du parti HDP ont été mis en garde à vue et 18 d’entre eux, ainsi que les 62 maires ont arrêtés et incarcérés. 4 maires ont été libérés depuis.

Aide aux déplacés internes : Les organismes gouvernementaux (provinciaux et municipaux) ne parviennent pas à gérer cette crise et ont été incapables de fournir le soutien nécessaire (abri, alimentation etc.) à ceux qui doivent quitter leur foyer pour des raisons de sécurité. Pour répondre à ce problème, SOHRAM a mobilisé tous ses modestes moyens, malheureusement insuffisants en raison de l’ampleur du problème. Nous offrons aux déplacés internes la même aide d’urgence qu’aux autres réfugiés.

Autres activités de SOHRAM

Arc-en-ciel : Depuis six ans, SOHRAM organise des rencontres interculturelles (fêtes où chaque ethnie présente des chants et des danses), et interreligieuse sous le nom: “Avec nos couleurs culturelles et religieuses, nous formons un Arc-en-ciel dans notre pays”. Des musiciens ont chanté dans les 11 langues parlées en Turquie (Turc, Kurde, Arabe, Arménien, Syriaque, Zaza, Géorgien, Laz,  Roum, Grec, Azerbaïdjanais). Les chœurs de l’église orthodoxe Syriaque

et de l’église catholique Chaldéenne ont chanté en syriaque. Puis le chœur de l’église Syriaques, le groupe de Sema des Alévis et les derviches tourneurs sont montés sur scène ensemble en signe de fraternité, d’égalité et d’union des religions. (Voir www.sohram.com) Chrétiens, sunnites, alévites et un nombreux public se sont rassemblés pour Arc-en-Ciel

Education à la paix : D’année en année, les séminaires réguliers, commencés en 2004 avec 7 à 10 participants sous le titre « LES AUTRES SONT COMME NOUS – NOUS SOMMES COMME LES AUTRES » rencontrent un succès croissant. Les thèmes traités sont : un cours sur les 3 religions monothéistes, l’ouverture aux différentes cultures et religions, la promotion de la tolérance, du respect de l’autre et de l’égalité. Gratuits, ces séminaires sont ouverts à tous, jeunes ou adultes, à raison de 4 heures par semaine. 162 personnes les ont suivis en 2016. Depuis 2004, année où ils ont commencé, et jusqu’à présent, 1’318 personnes ont participé à ces séminaires.

Dialogue interreligieux : Depuis 2002, Yavuz Binbay, directeur de SOHRAM, se rend à l’église Syriaque Sainte Marie de Diyarbakir le jour de Noël et le jour de Pâques, avec tout un groupe de musulmans, pour saluer la communauté chrétienne.

Célébration de Pâques 2016 : Selon la décision prise il y a 14 ans concernant la fête de Pâques, nos jeunes ont invité leurs camarades d’école et de leurs quartiers à participer le 30 avril 2016 à une « fête  de la décoration des œufs ». Comme chaque année, les dames volontaires de SOHRAM ont confectionné des gâteaux pour leurs frères et sœurs syriaques. Nous nous efforçons ainsi de renforcer le lien de fraternité créé entre les étudiants et bénévoles de SOHRAM et les communautés syriaque et arméniens de Diyarbakir.

Le 30 avril 2016 nos jeunes et leurs amis se sont réunis au centre SOHRAM pour teindre et décorer des œufs. Comme chaque année les femmes volontaires du SOHRAM ont cuisiné des gâteaux de Pâques pour leurs frères et sœurs Syriaques. C’est là aussi un signe du lien qui s’est instaurée voici 12 ans entre les étudiants et les bénévoles du centre SOHRAM et la communauté Syriaque et Arménienne à Diyarbakir. Le 1er mai, nous sommes tous allés à l’église syriaque où les enfants ont apporté les œufs qu’ils avaient décorés ainsi que les gâteaux.

Le directeur de SOHRAM, Yavuz Binbay s’est adressé à l’assemblée en rappelant l’engagement de SOHRAM envers les communautés syriaque et arménienne : « Nous n’accepterons jamais … que se reproduisent les tristes évènements de 1915… Nous continuerons à célébrer les fêtes de Noël et de Pâques avec vous, en signe de fraternité et de protection. ». Il a émis le vœu que cette fête, symbole de vie, soit celle de tous les croyants et que sa joie illumine chrétiens et musulmans et il a conclu : « Frères et sœurs, je vous souhaite joyeuses Pâques ! »

Célébration de Noël 2016 : Comme chaque année depuis 14 ans, SOHRAM a fêté Noël avec la communauté syriaque de Diyarbakir, le 25 décembre 2016.

Les graines que Sohram a semées, ont fleuri lors de la célébration de Noël 2016. Nous étions ensemble, chrétiens orthodoxes, catholiques, protestants, musulmans sunnites, alévis, syriaques, arméniens, Kurdes, Arabes, sous la lumière de Noël.

Le 24 décembre 2016 nous avons réuni comme d’habitude des enfants que SOHRAM soutient, ainsi que leurs familles. Ce sont en majorité des enfants victimes de la guerre en Syrie ou affectés par la violence du conflit actuel entre le PKK et l’Etat Turc. Nous leur avons distribué quelques petits cadeaux et leur avons expliqué la signification de Noël. Ils ont aussi pris la parole et ont exprimé leur joie.

Mgr Saliba Ozmen, métropolite de Deir al-Zafaran, et Yavuz Binbay souhaitent continuer à cultiver pour les générations futures cette précieuse fraternité. Dans l’allocution qu’il a prononcée au cours de la cérémonie, le directeur de SOHRAM a réitérée la promesse de SOHRAM et a conclu : « Nous connaissons tous l’histoire tragique du génocide commis à l’encontre de nos frères et sœurs chrétiens syriaques et arméniens. Il ne faut jamais l’oublier, pas plus que les évènements actuels. Frères et sœurs syriaques et arméniens, aujourd’hui, j’espère que nous pourrons apporter un rayon d’espoir aux victimes de la guerre. Noël devrait être la fête de tous les croyants. Sa lumière éclaire chrétiens et musulmans, et je souhaite qu’elle illumine le monde entier. A vous tous, frères et sœurs, joyeux Noël ! »

Autres célébrations : Journée mondiale des Nations Unies contre la torture (26 juin) : notre seizième pique-nique annuel avait pour thème : « SOLIDAIRITÉ AVEC LES RÉFUGIÉS SYRIENS, LES VICTIMES DE LA GUERRE, DU CONFLIT INTERNE ET DE LA TORTURE ». Près de 800 personnes y ont participé en famille, dont des dizaines de victimes de la violence. (Voir www.sohram.com ).

Le matin du 25 juin 2016, des enfants ont fait voler des cerfs-volants près de la muraille de la ville de Diyarbakir, comme chaque année, pour protester contre la torture et la guerre. Les 48 enfants qui y ont participé ont inscrit leurs souhaits et les ont laissés descendre le cours du fleuve Tigre.

Le 26 Juin, Journée mondiale de l’ONU contre la torture, notre service de psychothérapie a organisé un séminaire sur le thème « LES ENFANTS ET LES FEMMES DANS LES SITUATIONS DE GUERRE ET DE MIGRATION». Ce séminaire, ouvert au public, a eu lieu dans les locaux du centre et a réuni 48 personnes.

PROGRAMME DE SOUTIEN ÉDUCATIF

Ce programme, qui existe depuis le début de l’activité de SOHRAM, n’a pas pour but de se substituer à l’école publique, qui demeure d’excellente qualité. Mais étant donné qu’elle est obligatoire sans être tout à fait gratuite, SOHRAM aide les enfants de familles démunies, victimes de la torture et de violences, ou réfugiées, victimes de la guerre, afin qu’ils puissent fréquenter l’école publique, puis accéder à une formation leur offrant une perspective d’avenir.

Les critères de prise en charge de SOHRAM sont bien définis : la famille ne doit pas être en mesure de payer elle-même la scolarité de l’enfant. Pour chaque enfant qui demande l’admission, nous constituons un dossier.

Notre projet éducatif, durant la décennie écoulée, a permis à un bon nombre de jeunes de poursuivre leurs études ou de trouver du travail, et les a ainsi aidés à se réintégrer dans la société.

Depuis le début du projet en l’an 2000 :

  • 1’508 enfants ont pu, grâce à SOHRAM, continuer et terminer leur scolarité
  • 216 jeunes ont réussi à entrer à l’université, et 57 étudiants ont terminé leurs études universitaires. Actuellement, 159 étudiants immatriculés dans différentes universités de Turquie sont des jeunes que SOHRAM a scolarisés ou rescolarisés, ou soutenus de manière suivie depuis l’école primaire ou secondaire ou le lycée. Sur les 57 étudiants qui ont obtenu leur diplôme universitaire d’enseignement. 23 enseignent bénévolement au Centre SOHRAM.
  • 236 femmes ont suivi des cours d’alphabétisation.
  • Actuellement 162 étudiants suivent notre programme éducatif, dont 46 Syriens.
  • Cours de turc pour réfugiés arabophones de Syrie et d’Irak, suivi par 152 élèves, 4 heures par semaine. depuis le 7 décembre 2013 jusqu’à ce jour 353 réfugiés ont bénéficié de nos cours. Ceux-ci facilitent les contacts avec l’entourage et la recherche de travail.

Pour les jeunes qui ont achevé leur scolarité obligatoire, mais ne savent pas encore ce qu’ils pourraient faire dans la vie, le service social de SOHRAM cherche soit une possibilité de formation professionnelle, soit une place de travail.

Notre service social et le service de psychothérapie ont coordonné plusieurs réunions avec les familles des étudiants sur la communication intrafamiliale et la santé psychologique.

Jour après jour, nous voyons enfants et jeunes retrouver la confiance en eux-mêmes et dans la collectivité. Ils voient des perspectives d’avenir pour leur vie et deviennent capables de prendre leurs responsabilités.

PROGRAMME DE THéRAPIE

Nous avons déjà évoqué la tragique recrudescence de la torture et de la violence. Dans une région où la situation géopolitique et culturelle véhicule diverses formes de violence, parfois latentes, parfois manifestes, les effets se font sentir à tous les niveaux de la société. Ces formes de violence peuvent constituer un danger pour la santé mentale d’une personne.

Un Centre unique : Jusqu’à présent SOHRAM-CASRA reste le premier et le seul organisme de la région offrant un traitement psychothérapeutique gratuit pour les personnes traumatisées. Notre centre est le seul qui offre des services en langues arabe, kurde, syriaque à des réfugiés de la guerre syriens et irakiens.

SOHRAM propose aux patients souffrant de traumatismes une prise en charge individuelle par l’un de nos 3 psychothérapeutes. Nos spécialistes ont en effet constaté que ces patients sont, d’une part, d’une grande fragilité, et que, d’autre part, ils s’investissent très difficilement dans des thérapies de groupe, en raison notamment de facteurs psychologiques et culturels. L’écart des résultats obtenus entre la psychothérapie individuelle et la psychothérapie de groupe est significatif et justifie le choix de notre méthode.

Bilan de notre projet de thérapie : Depuis la création du Centre SOHRAM-CASRA, nous avons accueilli 3’160 victimes, femmes, hommes et enfants ayant subi la torture, victimes de la guerre ou traumatisés par le vécu douloureux de leurs parents.

Quelques informations et chiffres concernant nos patients : En 2016, 176 victimes de tortures, de maltraitances et de la guerre nous ont demandé de l’aide : la plus jeune avait 11 ans et les plus âgés 54 ans. On peut statistiquement les répartir selon l’un ou l’autre des critères du tableau suivant :

      Nombre de personnes
Critère 1 Origine ethnique Arabes 62
    Turcs 8
    Kurdes 92
    Zazas 14
    Syriaques 2
       
Critère 2 Âge des demandeurs Plus de 18 ans 153
    Moins de 18 ans 23
       
Critère 3 Causes de maltraitance Politiques 87
    Délits de droit commun 2
    Violences intrafamiliales 32
    Autres causes (victimes de la guerre) 55
       
Critère 4 Lieux où la violence a été Commissariats de police 84
  infligée aux victimes Postes de gendarmerie
    Au sein de la famille 43
    Autres lieux (victimes de la guerre) 49
       
Critère 5 Sexe des victimes Femmes 97
    Hommes 79

 Tous les services médicaux et thérapeutiques qu’offre SOHRAM-CASRA à ses patients sont gratuits.

Nous insistons ici encore une fois sur le fait que les demandes de thérapie continuent malheureusement à augmenter, dépassant fortement les capacités de nos services et nos possibilités financières ! Malgré la situation précaire en 2016, nous avons pu offrir des soins de réhabilitation à 176 personnes 

Grâce au soutien de la Suisse nous avons pu assurer la poursuite de nos activités. Nous avons reçu depuis plusieurs années un soutien financier et moral important.

En 2016, nous avons reçu un soutien direct de la Section Suisse d’Amnesty International. C’est un grand encouragement qui assure la continuation de nos services !

Infrastructure et PRESTATIONS communES du Centre SOHRAM

Locaux.En plus d’une salle de classe, les élèves ont à leur disposition une salle d’étude et une petite bibliothèque que nous complétons et adaptons chaque année aux besoins des écoliers.

SOHRAM met également à disposition une cantine pour les enfants

Repas gratuits : Pendant la semaine, un repas de midi est préparé dans la cuisine du Centre pour les écoliers et les enseignants et, pendant les week-ends, pour les étudiants et les enseignants des cours complémentaires. Ce sont des mères volontaires qui cuisinent ces repas. Les patients qui suivent les traitements de psychothérapie dans notre Centre reçoivent également une restauration. Ainsi, sur l’année, environ 250 personnes bénéficient du service des repas de SOHRAM.

Service social. – Réintégrer dans la société des victimes de diverses violences est un travail de longue haleine qui ne peut pas se limiter à l’éducation et aux soins médicaux et psychologiques. Il doit donc être complété par un certain nombre d’aides d’ordre social.

Voici ce qu’offre le Service social de SOHRAM : 

  • Une assistante sociale, épaulée par une dizaine de volontaires, visite les familles et les classes d’école des enfants aidés par SOHRAM, afin de dépister assez tôt les problèmes (de santé, psychologiques, sociaux, administratifs…) et trouver une solution.
  • Le même service aide des réfugiés, jeunes et moins jeunes, dans la recherche de places de travail et d’apprentissage. En 2016, il a procuré 42 emplois et 4 places d’apprentissage.
  • Ce service gère également la boutique de vêtements et accessoires ménagers de seconde main, qui se trouve aussi dans notre Centre. 8’986 personnes ont apporté des vêtements et autres objets courants usagés : au total ce sont presque 41’700 objets divers qui ont été distribués en plus de 200 jours et dont 14’824 ménages ont bénéficié.

Service d’aide juridique. – Une avocate travaille bénévolement dans notre service juridique. Ainsi nous pouvons offrir des conseils juridiques gratuits aux victimes de la torture et de la violence qui viennent déposer leur dossier chez SOHRAM. En 2016, 67 réfugiés Syriens et 14 autres victimes de la torture et de la violence, au total 81 personnes, ont bénéficié de ces consultations juridiques. En outre, notre avocate donne des séminaires aux étudiants et aux femmes sur les droits de l’enfant et de la femme.

ORGANISATIONS QUI SOUTIENNENT NOTRE CENTRE

Grâce à leurs généreuses contributions, ainsi que celles d’un nombre important de donateurs privés, notre travail a pu se poursuivre en 2016. Au nom de toutes les victimes que nous avons pu aider, nous remercions vivement tous les donateurs, et en particulier les organisations ci-dessous :

  • Ambassade de Suisse à Ankara
  • Église réformée du canton de Zoug et Paroisse catholique du Sacré-Cœur de Bâle.
  • Une fondation anonyme de Bâle (Suisse)
  • Fondation Pro-Anima (Suisse)
  • Réintégration au lieu d’exil, association de soutien à SOHRAM-CASRA (Suisse)
  • ACAT-Suisse – Action des chrétiens pour l’abolition de la torture – Berne
  • OMCT – Organisation mondiale contre la torture, Genève
  • Section suisse d’Amnesty international
  • Fonds Canada/Ambassade du Canada à Ankara

Adresse du Centre SOHRAM:

SOHRAM – CASRA, Kurt Ismail Pasa Mah. 2.sokak Demiray Apt. Kat:3/8  ofis / Diyarbakir / Turquie

Tél.: 00 90 412 224 44 77

e–mail: sohram@hotmail.com   site Internet: www.sohram.com (langues: turc et français)

Diyarbakir, janvier 2017    

Yavuz Binbay,

Président de SOHRAM-CASRA

 

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Comment soutenir SOHRAM-CASRA?

L’Association de soutien suisse «RÉINTÉGRATION au lieu d’EXIL» récolte en Suisse des fonds pour le Centre SOHRAM, qu’elle lui reverse intégralement, sans déductions administratives.

«Réintégration au lieu d’Exil», fondée en 2004 à Fribourg, est une organisation de bénévoles reconnue d’utilité publique ; les dons provenant de Suisse sont déductibles des impôts, selon le droit fiscal de chaque canton.

Membres du comité et de l’équipe administrative : Susanne Zbären, présidente d’honneur ; Thierry Delay, président ; Patricia Cosandey trésorière-secrétaire ; Norbert Schütz ; Lea Gerber ; Mustafa Binbay.

Versements bancaires :

 

Banque Cantonale

CH-1701 Fribourg

Clearing 00768

en faveur du cpte no CH03 0076 8250 1175 1691 8

RÉINTÉGRATION AU LIEU D’EXIL

soutien à SOHRAM-CASRA, Diyarbakir

Code IBAN: CH03 0076 8250 1175 1691 8

Code SWIFT: BEFRCH22

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Contact – renseignements au sujet des comptes et du budget de SOHRAM et de Réintégration au lieu d’Exil ou de toute autre documentation :

Thierry Delay, pasteur

Président de Réintégration au lieu d’Exil

6, Ch. de la Carrière

1646 – Echarlens

tdelay@mac.com

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