La communauté Syriaque a invité M. Binbay pour l’IFTAR (repas du Ramadan)

 

Ça fait 12 ans que Sohram a participé la célébration du Noel et Pâques avec la communauté Syriaque et Chaque année depuis 2008, nous nous rendons également au monastère Dar’ul Zahfaran de Mardin où le métropolite, Mgr. Saliba Ozmen est devenu un ami de SOHRAM. Avec une délégation. Au cœur de ces rencontres, la promotion de la connaissance des autres religions et cultures et la recherche des traces historiques du dialogue entre islam et christianisme.

Cette année dans la cadre L’ouverture aux différentes cultures et religions, la promotion de la tolérance, du respect de l’autre et de l’égalité. La communauté Syriaque a invité M. Binbay pour l’IFTAR (repas du Ramadan).

Mgr Saliba Ozmen, métropolite de Deir al-Zafaran, 12 personnes de communauté Syriaque et 12 personnes du Sohram (Musulman) ont participé à l’invitation de l’IFTAR.

Cette invitation est une nouvelle fleure de nos activités de la tolérance, du respect de l’autre et de l’égalité.

Cordialement

Yavuz Binbay

http://www.mardinarena.com/mobil?islem=haber&id=14267

APPEL Pour les Métropolites

 

SOHRAM-CASRA

Centre Action Social Réhabilitation et Réadaptation pour la victime de la Torture

 Kurt ismailpasa 2.sokak Demiray Apt. 3/9   2110-Ofis/Diyarbakir/Turquie

Tel: 00 90 412 224 44 77

Email : sohram@hotmail.comWeb-sitesi: www.sohram.com

 

APPEL

Nous, membres d’organisations et institutions, ainsi que personnalités soussignées, et fondamentalement en tant qu’êtres humains, nous déclarons que nous sommes profondément préoccupés par les évènements mentionnés ci-dessous et  le resterons tant qu’une solution  satisfaisante n’aura pas été trouvée.

  1. Les enlèvements aux environs d’Alep de Mgr Paul Yazigi, métropolite d’Alep et Iskenderun pour les grecs orthodoxes et de Mgr Youhanna IBRAHIM, évêque d’Alep pour les syriaques orthodoxes le 22 avril 2013, ainsi que celui du P. Paolo Dall’Oglio S.J., du monastère de Deir Mar Moussa al-Habashi le 30 juillet 2013, dont on est sans nouvelles, nous préoccupent profondément. Même en temps de guerre, les institutions religieuses jouissent traditionnellement d’un statut particulier d’immunité et de tels enlèvements sont inacceptables
  2. L’enlèvement des deux Métropolites a été attribué au Front el-Nosra (réseau d’Al-Qaida) et témoigne d’une absence de respect pour une tradition séculaire et le droit des gens. C’est pourquoi nous demandons la libération immédiate des deux métropolites pris en otage, ainsi que celle du P. Dall’Oglio par ceux qui les détiennent.
  3. Nous appelons tous les Etats, en particulier les Etats-Unis d’Amérique, l’Union européenne, la Russie, ainsi que la Turquie, l’Iran, l’Arabie Saoudite et le Qatar à déployer toutes leurs ressources diplomatiques afin d’obtenir des ravisseurs la libération de ces otages et de tous ceux qu’ils détiennent. Nous encourageons les institutions religieuses, le pape François, le Conseil œcuménique des Eglises (COE), l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et d’autres, de même que les ONG internationales à appuyer ces demandes et à poursuivre leurs efforts dans ce sens.
  4. Pour que cessent les massacres de la guerre civile en Syrie, nous demandons un cessez-le-feu général, le retrait du territoire syrien de toutes les forces armées étrangères et l’appui des Etats impliqués afin de favoriser la tenue de négociations visant à résoudre les problèmes syriens, négociations auxquelles devraient participer tous les acteurs de la vie publique syrienne.
  5. Nous demandons instamment aux médias et aux personnalités politiques de toute la région, dans leurs écrits, prises de position et déclarations, de faire preuve d’un respect élémentaire pour tous les secteurs des populations en présence (notamment arabes, kurdes, syriaques, arméniens, alévites, musulmans sunnites et chrétiens) et de s’abstenir de toute rhétorique provocatrice.

Signataires ;

  1. Yavuz Binbay – Union Arabe et Araméenne et SOHRAM-CASRA
  2. Saliba Ozmen – Métropolite du Monastère Deyrul Zafaran Mardin/Turquie
  3. Ali Aslan – Président Association Mihallemi
  4. ACAT Suisse – Action Chrétien Abolition Contre la Torture  Bern/Suisse
  5. Mahmut Alınak                – Politicien, avocat, Ancien député
  6. Recep Marasli – Politicien – Ecrivain
  7. Fikri Aygur –  Syriac Democratic Union/Sweden
  8. Garabed Yelegen – ingénieur
  9. Celal BALIK              – Homme d’affaire, membre du comité l’Association des hommes d’affaires
  10. Mahmut Odabaşı       – Homme d’affaire, membre du comité l’Association des hommes d’affaires
  1. Şefik Görgün – Enseignant, porte-parole l’Union Arabe et Araméenne d’izmit
  2. Halil Cintan – Politicien ancien maire de Van/Bostaniçi
  3. Latif Gökdemir – Homme d’affaire
  4. Ziver Aslan – Homme d’affaire,
  5. M. Ali özer – Avocat, porte-parole l’Union Arabe et Araméenne de Siirt
  6. Sekip Bakir – Homme d’affaire, membre l’Union Arabe et Araméenne de Siirt
  7. Adnan Savcı             – Membre l’Union Arabe et Araméenne d’İzmir
  8. Nail Poli             – Ecrivain
  9. Naum Poli             – Ecrivain
  10. Norbert Shultz – Psychiatre
  11. Marie-Thérése Bouchardy
  12. Patrice  Meyer-Bisch – Académicien à l’université de Fribourg
  13. El Manouzi Abdelkerim -AMRVT – MAROC
  14. François de Vargas – Lausanne, Président de Réintégration au lieu d’Exil, ancien Secrétaire générale de    l’association prévention de la torture
  15. Roni Alasor – Journaliste – Ecrivain  (Kurde) / Oslo / Brussel
  16. Jan de Haas – Président  ACAT Suisse (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)
  17. Suzanne Zbären – Présidente d’honneur de REA Réintégration aux Lieu d’Exil.
  18. Sabiha Akagündüz – Juriste/Bern
  19. Adnan Can – Enseignant
  20. Dr.Cevdet Akbay – Académicien/ North Carolina/ USA Department of Chemistry and Physics, Fayetteville State University
  21. Kutbettin özer – Journaliste International et Ecrivain
  22. Salih Bayar – İSKENDERUN MARDER – İSKENDERUN Arap-DER
  23. Yusuf Akbulut – Prêtre de l’église Syriaque St. Mariée à Diyarbakir/Turquie
  24. Gabriel Akyuz – Prêtre de l’églisedes Saints Quarante Martyrs Mardin/Turquie

 

Nous gardons 19’864 signatures dans notre dossier.

 

 

SOHRAM-CASRA Un centre pour les victimes de la torture et pour des réfugiés de la guerre.

Fuyant la guerre, des milliers d’enfants, femmes, hommes, jeunes et vieillards se sont réfugiés dans nos cœurs. N’oublions pas qu’avant le début de cette guerre atroce et sans pitié, les syriens avaient aussi une maison et une vie de famille, les enfants étaient entourés de l’amour et de l’affection de leurs parents et de leurs amis. Mais, ils ont été contraints de les abandonner pour fuir la guerre.

Cette guerre menée par des fondamentalistes et fanatiques nous montre COMBIEN le travail de paix est important au moyen Orient.et nous sommes reconnaissants de pouvoir éduquer à SOHRAM à ouvrir l’horizon à faire connaitre et respecter les autres. C’est important que nous puissions continuer notre travail. C’est un projet à longue terme et nous devons maintenir – aussi financiellement – ce travail à longue terme.

SOHRAM ne peut et ne veut pas fermer les yeux de l’immense misère de ces réfugiés Syriens. Actuellement on estime qu’il y a 150’000 réfugiés à Diyarbakir. Nous essayons d’aider comme il nous est possible :

Nous leur offre une aide dans moyen de nos modestes activités, Comme, bénéficié de notre boutique, aide juridique pour légaliser ses situation en Turquie, consultation pour trouver une solution pour ses obstacles, écrit pétition, psychothérapie avec nos psychologues, SOHRAM est la seul centre qu’il donne service en Arabe et Syriaque (avec la collaboration l’église Syriaque St. Mariée) à Diyarbakir etc.

SOHRAM-CASRA considère les bébés comme des anges et comme les premières victimes de ce conflit.  Nous appelons à la campagne en premier lieu, un litre de lait pour les bébés. Ne pouvant pas rester indifférents à leurs souffrances et à leurs besoins, nous distribuions 4 litre du lait pour chaque bébé pour une semaine.

Les plus malheureux sont les malades, les femmes enceintes, les bébés, les enfants, les vieillards et tous qui appartiennent à des minorités religieuses (Chrétiens, Yésidis, Alévites …) Malheureusement, comme partout, cette masse d’étrangers, sans argent et sans travail fait peur à la population locale. Rivalité et racisme augmentent. L’accueil chaleureux et cordial à Sohram a pour eux une grande importance. C’est important que ces pauvres abandonnés sachent qu’ils ne sont pas oubliés du reste du monde et c’est important qu’ils peuvent rester près de leur pays et de leur culture, ne doivent pas fuir encore plus loin, vers l’Europe. Il leur reste une espérance pour une future dans leur patrie. Cette espérance nous tâchons de la nourrir et de la préparer par la scolarisation de leurs jeunes, par notre séminaire « Nous somme comme les autres. Les autres sont comme nous » en arabe. Comme l’exemple de Sohram, où nous tous vivons vraiment le respect et l’ouverture envers tous. Nous cherchons à leur faire connaitre la culture de la tolérance envers les autres religions et ethnies afin que haine et massacre ne se répète plus.

Malgré notre modeste budget,

  • Notre centre a devenu comme un centre de rencontre des réfugiés Syriens.
  • Notre centre a devenu comme une lueur d’espoir pour les bébés, pour les enfants, pour les adultes et pour les personnes âgées des réfugiés et pour la victime de la torture et de la violence.
  • Nous avons besoin de vos soutiens pour continuer notre aide pour eux. Vos soutiens seront une lueur d’espoir pour un bébé, pour un (e) enfant ou pour un(e) personne âgée et pour un(e) victime de la torture et de la violence.
  • Pour soutien nos activités prenez contact avec nous sur l’adresse sohramder@gmail.com pour nous vous envoyer le bulletin de versement.

Portrait de Yavuz Binbay, ce survivant qui veut briser le cycle de la violence

Yavuz Binbay est le fondateur de SOHRAM, un centre d’aide aux victimes de la torture et de la violence. Situé dans la ville à majorité kurde de Diyarbakir, ce centre est le premier de la région à offrir un suivi psychologique.

Né en 1956 à Siirt, une ville du sud-est de la Turquie, Yavuz Binbay est issu d’une famille arabo-kurde de tradition soufie. « Je parlais arabe à la maison et kurde avec mes amis. J’ai appris le turc à l’école ». Une identité mixte reniée par les autorités : « A l’époque où je suis né, mon père n’avait pas le droit de me donner mon prénom. […] Yavuz est le prénom turc que le gouverneur m’a donné ».

Arrêté et torturé par les militaires

Après des études en géologie avec une spécialisation dans le forage de pétrole, Yavuz Binbay travaille comme ingénieur à Van, en Anatolie orientale. Après le coup d’Etat de 1980, il est arrêté et incarcéré dans une prison militaire. « C’était pire que Guantanamo. Il y avait tout le temps de nouvelles méthodes de torture » dit cet ancien prisonnier qui a tenu grâce à sa foi.

Jugé par un tribunal militaire, sous l’accusation de « séparatiste, communiste, kurde », il sera finalement acquitté après six ans et demi de prison. Après sa libération, il rejoint sa femme et son fils à Van. Sa femme a elle-même été arrêtée à plusieurs reprises. « A cause des gardes-à-vue, elle n’a pas pu nourrir notre fils durant deux ans », s’émeut Yavuz Binbay.

En 1986, il fonde, avec des amis turcs et kurdes, l’Association des droits de l’homme de Turquie (IHD) et préside la section Van. Il est régulièrement arrêté et menacé. Un jour, un inconnu le jette du troisième étage, dans une cage d’ascenseur vide. Gravement blessé, il quitte le pays et arrive à Genève, en 1994, en tant que réfugié.

S’il a pu bénéficier en Suisse de traitements pour se soigner physiquement et psychiquement, il ressent le besoin de retourner chez lui. Il approche alors, entre autres, l’ACAT-Suisse, dont il connaît des membres depuis 1990, avec l’idée de fonder un centre pour aider les réfugiés internes.

Soutenir les enfants et les familles

SOHRAM, dont les initiales signifient Centre d’Action Sociale, de Réhabilitation et Réadaptation pour les victimes de la torture et de la violence, est créé en 2000. Le centre est situé à Diyarbakir, en Anatolie du sud-est, ville majoritairement kurde et comptant un nombre important de personnes déplacées suite au conflit entre l’armée et le PKK.

« A ses débuts, SOHRAM soutenait les enfants traumatisés par la violence (migration forcée, guerre et torture) par l’éducation», explique son fondateur. Le centre dispense ainsi des cours d’appui à ces enfants traumatisés, dont certains n’arrivent pas à suivre le circuit normal. « Pour avantager ces enfants, nous cherchons des enseignants volontaires, dont beaucoup sont étudiants à l’université, pour donner des cours d’appui, chaque week-end. Nous offrons également gratuitement un repas à chaque enfant », expose Yavuz Binbay. Actuellement, certains volontaires de SOHRAM sont d’anciens enfants du centre qui étudient à l’université.

Le centre offre aussi des activités récréatives et culturelles pour les enfants : un chœur en plusieurs langues, un orchestre, un théâtre reflétent la richesse culturelle locale. Tout cela afin d’apprendre à vivre ensemble. Dans ce but, le centre organise aussi des séminaires destinés aux adultes sur les autres religions, des visites culturelles et ses membres peuvent assister à des cultes d’autres religions (entre autres, à l’église syriaque de Diyarbakir), afin de promouvoir la tolérance. « Nous n’oublions pas ce qui s’est passé en 1915 [le génocide]. Nous voulons protéger nos frères et sœurs syriaques et arméniens », motive Yavuz Binbay.

SOHRAM possède aussi une boutique, inspirée par CARITAS. Les habitants font des dons (des vêtements par exemple) qui sont distribués, selon les besoins, aux familles des enfants. En 2010, la boutique a donné 32 000 pièces. Les membres de SOHRAM achètent et distribuent également du matériel scolaire (crayons, cahiers, uniformes, chaussures).

Chaque année, deux stagiaires psychologues viennent au centre et sont chargés de repérer les enfants ayant besoin d’un suivi psychologique. Ces enfants sont ensuite adressés à l’un des trois psychologues travaillant pour le centre.

Accompagner les victimes de torture

En effet, grâce au soutien de l’ACAT-Suisse, SOHRAM offre un service psychothérapeutique et un traitement physique aux victimes de la torture et de la violence depuis 2002.

Selon Yavuz Binbay, « SOHRAM est la première et unique organisation offrant un traitement psychothérapeutique dans notre région. Au début, les gens disaient que c’était pour les fous. Maintenant, les victimes de la torture viennent chez nous grâce au bouche à oreille ».

Le traitement se déroule en plusieurs étapes. D’abord, le patient va consulter un psychologue du centre, qui le dirige, avec l’aide d’une assistante sociale, chez le médecin approprié, en cas de problèmes physiques (gynécologue, urologue, dentiste, psychiatre…). Ensuite, le psychologue élabore un programme d’entretiens individuels durant six mois au moins. Dans le même temps, l’assistante sociale aide le patient à se réinsérer par la recherche d’un travail. « La victime de la torture se sent rejetée, isolée. Elle manque de confiance en soi, de reconnaissance. On ne peut pas guérir une personne seulement avec des paroles. Je connais ces besoins car, en sortant de prison, j’étais moi-même au chômage », argumente Yavuz Binbay.

Ces quatre dernières années, une amélioration a été observée chez 70% des patients, grâce à l’expérience acquise et à l’amélioration de la collaboration avec la population. Depuis 2002, SOHRAM a offert des traitements psychothérapeutiques à environ 2 000 adultes, dont une majorité de femmes. Les femmes sont, selon Yavuz Binbay, à la fois victimes de la violence d’Etat et de la violence privée : « le harcèlement sexuel, l’inceste et les dits crimes d’honneur sont plus élevés dans la région de Diyarbakir ». Cette violence est due au conflit récurrent dans la région. En outre, le fils est éduqué pour devenir un combattant, pour « protéger » la famille, ce qui explique une mentalité dure et violente.

Pour ces raisons propres à la culture locale, la thérapie doit être adaptée : « Nous n’avons pas choisi la thérapie de groupe car, dans notre société, on n’étale pas ses faiblesses. Devant ses camarades, un militant politique n’en parle pas », dit Yavuz Binbay. Par ailleurs, les patients ne se voient pas comme des victimes : « Nos victimes de la torture sont des militants politiques et se considèrent comme des héros ». En outre, des sujets tabous comme la sexualité ne pourraient pas être abordés en groupe.

Une situation encore tendue

Aujourd’hui, la situation reste tenue à Diyarbakir. Le PKK a repris la lutte armée. En outre, cette organisation a récemment utilisé des enfants dans une sorte d’Intifada contre les forces de l’ordre. Une centaine d’entre eux ont été arrêtés et torturés. Ils ont été également jugés selon les lois antiterroristes. Aujourd’hui, si la plupart des enfants ont été relâchés, les procès se poursuivent (voir pétition de l’ACAT-Suisse du 10 décembre 2010).

Le centre a été cambriolé à plusieurs reprises et un disque dur, ainsi que des fichiers ont disparu. Certains patients ont été arrêtés et interrogés.

Récemment, Yavuz Binbay a déposé une plainte contre d’anciens responsables du coup d’Etat de 1980 pour « faire juger ces criminels coupables de crimes contre l’humanité et donner un exemple à notre société ». Une façon d’obtenir une certaine reconnaissance ? « Je vis chaque seconde avec [les tortures subies]. Si ma plainte est retenue, j’aurai la tribune qu’on m’a refusée à l’époque », explique Yavuz Binbay. Qui ne souhaite pas se venger mais rompre le cycle de la violence : « Quand je fais quelque chose pour une victime, je me sens bien, j’oublie mes problèmes. Les mauvais souvenirs sont enregistrés, il est impossible de les oublier. Mais on peut essayer de vivre ensemble ».

(Source : Entretien avec Yavuz Binbay, septembre 2011)

http://www.acat.ch/fr/notre_action/soutien_de_projets/sohram-casra/yavuz_binbay/

 

 

Rapport d’activités 2017

SOHRAM – CASRA

Centre d’Action Sociale, de Réhabilitation et de Réadaptation pour les Victimes de la torture et de la violence / Diyarbakir, Turquie

Rapport d’activités 2017

(suite…)

Rapport d’activités 2016

SOHRAM – CASRA

Centre d’Action Sociale, de Réhabilitation et de Réadaptation pour les Victimes de la torture et de la violence / Diyarbakir, Turquie

Rapport d’activités 2016

Informations générales sur le Centre sohram-casra
Evénements marquants de 2016 et Activités de SOHRAM-CASRA Turquie
Les réfugiés, pour la paix et contre la violence …….. ………………..
Programme de soutien éducatif……………………………………………………….
Programme de thérapie …………………………………………………………………….
Infrastructures et prestations communes
Les organisations qui soutiennent SOHRAM CASRA
Comment soutenir SOHRAM-CASRA

INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LE CENTRE SOHRAM-CASRA

Le Projet SOHRAM/CASRA « Egalité et solidarité humaines » existe depuis 2000 à Diyarbakir/Sud-est de la Turquie. C’est une organisation sans but lucratif, communautaire et non gouvernementale.

Deux principes fondamentaux régissent en permanence les activités du Centre: Rester indépendant de toute organisation politique et Rejeter l’emploi de toute violence.

Une attention particulière est accordée aux victimes de la guerre, de la torture, aux victimes de discriminations fondées sur la religion, aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées.  SOHRAM a été le premier centre de la région ouvert à tous, et reste le seul à ce jour, à offrir des services et des psychothérapies en langues arabe, kurde, syriaque et turque à ces victimes.

Le but principal de SOHRAM-CASRA à Diyarbakir est, dès l’origine, la réintégration des victimes de la torture, de la violence et des réfugiés de la guerre.

Initiative locale, qui fait appel aux forces locales, le Centre veut rétablir, avec des moyens modestes, la dignité de l’être humain, en aidant les victimes de la torture, de la guerre, des troubles sociaux, de la violence familiale, du harcèlement sexuel.

SOHRAM a développé un programme de dialogue interculturel et interreligieux, et s’efforce de favoriser des rencontres entre toutes les populations, les minorités ethniques, ainsi qu’entre les religions, en particulier entre les chrétiens (Syriaques, Arméniens), les musulmans et les alévis.

SOHRAM considère que la réhabilitation des victimes et leur réadaptation sociale sont des éléments indissociables d’un projet complet. Grâce à une complémentarité de l’aide sur les plans physique, psychique et social, les personnes qui bénéficient de nos services pourront réintégrer la société comme individus libres et autonomes.

La spécificité de SOHRAM est de faire un travail global comprenant : éducation, thérapies, approche interculturelle et interreligieuse et aide aux réfugiés. En effet, une psychothérapie ne sert à rien si l’on ne trouve pas de travail et il ne sert à rien de recevoir une couverture, quand on est réfugié(e), si on ne trouve pas un lieu où vivre et si les mentalités ne changent pas. Si l’un de ces programmes ne peut pas être réalisé, c’est tout le concept de SOHRAM qui s’écroule. Il importe de renforcer l’espoir des victimes par la solidarité et de les encourager à se réorganiser.

L’accueil des réfugiés, et le dialogue inter-ethnique et inter-religieux font aussi partie de cette vision globale.

On a souvent dit que le travail pour la paix n’était possible que si les mentalités changeaient. SOHRAM devra donc intensifier son travail dans ces domaines, participant à un effort général de « peace-building »

Pour atteindre nos objectifs, nous avons mis sur pied les programmes suivants :

  • Soutien éducatif pour les enfants victimes de la violence (guerre – conflit interne – torture – violence familiale etc.)Aide aux réfugiés et aux victimes du conflit interne (aide sociale, distribution de lait pour les bébés, recherche de travail, distribution d’habits neuf et de seconde main, de denrées alimentaires de première nécessité aux réfugiés de la guerre, conseil)
  • Aide juridique (consultations et préparation de dossiers)
  • Thérapie pour les victimes traumatisées, aide médicale (consultations et médicaments gratuits)
  • Dialogue interculturel et interreligieux / communication,
  • Résolution pacifique des conflits et éducation à une culture de la non-violence, promotion et défense des droits humains en général le tout complété, au besoin et selon les possibilités, par divers appuis

Activites de SOHRAM pour les réfugiés, pour la paix et contre la violence

Les événements récents survenus dans notre région (Sud-est de la Turquie) et au Moyen Orient ont donné à SOHRAM une importance et une mission nouvelles : ce sont notamment l’afflux de réfugiés venus de Syrie et d’Irak. La guerre civile qui dure depuis 5 ans en Syrie s’est transformée en guerre « par procuration » d’autres États. La situation exacerbée réduit les perspectives de paix et les réfugiés ont connu le désespoir en 2016. En Turquie même, la montée de l’islamisme, qui tend à condamner ceux qui n’adhèrent pas à une certaine façon d’interpréter l’islam, a favorisé un climat de haine ethnique et religieuse. La Turquie a été la cible de 26 attentats terroristes en 2016. Ils ont causé la mort de 331 personnes et 1596 personnes ont été blessées.

Le 15 juillet 2016  une tentative de coup d’Etat a été organisée par un groupe militaire. Cette nouvelle situation aggrave considérablement nos conditions de travail.

Bilan de la tentative de coup d’Etat Le 15 juillet-31 décembre 2016

Description Nombres de personnes
Nombre de décès dus à la tentative de coup d’Etat 62 policiers, 5 soldats, 184 civils : total 251 personnes, dont 5 mineurs.
Nombre de blessés 1’535, dont 124 policiers et 1’390 civils.
Nombre de détenus Environ 49’786 personnes
Nombre de personnes arrêtées Environ 38’648 personnes
Nombre de résiliations de contrats de travail Environ 126’687
Nombre de fermetures de fondations et d’associations 114 fondations et 1’132 associations
Nombre de fermetures de pourvoyeurs de soins de santé 35 hôpitaux
Nombre de fermetures d’établissements destinés à la jeunesse 936 écoles privées, 112 auberges de jeunesse privées, 16 universités privées.
Nombre de fermetures de syndicats 19 syndicats
Nombre de fermetures de journaux et chênes des télévisions 9 journaux et 22 chaînes de télévision
Nombre de décès en garde à vue et en prison 3 personnes (1 professeur en garde à vue, 1 gardien et un colonel en prison)
Délai de garde à vue sous l’état d’urgence 30 jours
Durée prévue de l’état d’urgence 6 mois à partir du 21 juillet 2016
  • Les imams ont refusé de célébrer les obsèques religieuses des personnes mortes lors du coup d’Etat et qui avaient une relation avec celui-ci.
  • Le maire d’Istanbul a annoncé la création d’un cimetière, qu’il a nommé le cimetière des traitres, réservé aux personnes décédées lors du coup d’Etat et qui étaient associées à celui-ci. En raison de cette mesure, une famille a dû enterrer le corps de leur fils dans le jardin de leur maison.
  • Un débat visant à rétablir la peine du mort est en cours. Mais selon les informations que nous avons reçues de différents politiciens (AKP-CHP-HDP) en ce moment, heureusement, il ne semble pas qu’un projet politique réel existe en la matière.

Nouvelles missions de SOHRAM : SOHRAM, du fait des facteurs mentionnés ci-dessus, se trouve face à de nouvelles tâches. Celles-ci dépassent de beaucoup les capacités dont disposait jusqu’à présent la petite équipe composée du directeur du Centre, des psychothérapeutes, de l’assistante sociale et d’une dizaine de bénévoles (juriste, enseignants, etc.).

Problèmes spécifiques des réfugiés dans la région de Diyarbakir :

Depuis l’aggravation de la guerre civile en Syrie, soit depuis 2012, et depuis les exactions commises par les terroristes de l’Etat islamique (Daesh) en été 2014, les réfugiés affluent en Turquie. Diyarbakir est proche des frontières syrienne et irakienne. Le gouvernement turc donnait en mai 2016 le chiffre de 3,5 millions de réfugiés en Turquie, sûrement inférieur à la réalité. Seuls 260’000 sont hébergés dans des camps ouverts par le gouvernement et par le Haut-Commissariat pour les Réfugiés. Ces camps sont souvent contrôlés par des groupes islamistes, ce qui rend la vie des chrétiens, des Yézidis, des Alévites, etc. encore plus difficile.

Ceux qui ne sont pas hébergés dans des camps, soit environ 90 % des réfugiés en Turquie, doivent se débrouiller, demander l’hospitalité, coucher dans la rue, mendier. Les plus fortunés essaient de fuir la Turquie.

On estime à 80’000-100’000 le nombre de réfugiés à Diyarbakir. Comme dans tout pays qui connaît un afflux massif de réfugiés, la population locale manifeste une hostilité croissante envers eux. Se pose en outre la question de la langue: ces réfugiés parlent en général arabe, langue qui n’est parlée que par une minorité de Turcs; quelques-uns parlent kurde et ont plus de chance de se faire comprendre dans les régions majoritairement kurdes de Turquie et de trouver de petits emplois. L’inquiétude augmente à l’approche de l’hiver qui peut être très froid dans cette région. Les plus malheureux sont les malades, les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, celles et ceux qui appartiennent à des minorités religieuses (chrétiens, Yézidis, Alévites, etc.).

SOHRAM a fait des déclarations à la presse pour, d’une part, appeler à la fin des hostilités en Syrie et, d’autre part, sensibiliser l’opinion aux besoins des réfugiés.

Les activités de SOHRAM en 2016

Aide aux réfugiés syriens en 2016 : SOHRAM ne peut et ne veut pas fermer les yeux sur l’immense misère de ces réfugiés Syriens. Depuis l’automne 2013, SOHRAM s’efforce de les aider en obtenant pour eux des produits alimentaires ou un hébergement gratuit, en offrant des cours de turc pour les enfants et les adultes, en procurant des soins aux malades et en scolarisant les enfants. Des milliers de personnes ont bénéficié de cette aide fournie sans distinction de race, de religion ou de secte.

Une attention particulière a été accordée aux bébés et une collecte a été organisée afin de pouvoir distribuer 4 litre de lait par semaine à chacun des 328 petits bénéficiaires.

Un Comité de réfugiés, soutenu par SOHRAM, s’est créé en vue d’améliorer l’aide qui leur est destinée. Il est composé de jeunes Syriens et de bénévoles de SOHRAM qui ont suivi nos séminaires « Nous sommes comme les autres les autres sont comme nous », ainsi que des cours de langue turque.

Ce Comité a organisé 4 réunions avec les réfugiés et défini son but comme suit :

« Il est vrai qu’à cause de la guerre notre pays, la Syrie, est détruit et qu’il n’en reste presque plus rien. Mais si nous parvenons à mettre fin à cette guerre sans pitié, nous pourrons le reconstruire. Avec soutien de SOHRAM nous organiserons des réunions au Centre SOHRAM pour informer nos compatriotes, pour protéger et faire grandir en eux l’espoir qu’un jour le retour dans notre pays sera possible. »

Ses activités contribuent à :

  • Organiser la distribution de l’aide aux réfugiés.
  • Fournir des informations sur l’importance de rester proche de ses frontières en vue du retour au pays. Nous sommes des millions de réfugiés Syriens (Arabo-Syriaque, Kurdes, Arméniens, Musulmans, Chrétiens, Alévis, etc.) en Turquie et dans le monde et cherchons protection contre la barbarie de la guerre, comme tous les Syriens en quête d’un lieu où leur famille puisse vivre en sécurité et loin de la guerre. Mais nous savons que si nous nous éloignons des frontières de notre pays, nous le perdrons. Nous vous appelons instamment à rester proches de nos frontières. Notre pays existe encore, mais la barbarie d’une guerre menée par des étrangers nous a obligés à le quitter. Cette guerre n’est pas celle des Syriens, c’est celle d’étrangers, presque une guerre mondiale. Nous disons aux jeunes Syriens : refusez de participer à cette guerre cruelle, qui n’est pas la nôtre.
  • Protéger et accroître l’espoir et encourager le retour des réfugiés dans leur pays.
  • Fournir des informations sur les dangers de l’émigration clandestine vers l’Europe. Chaque jour on apprend que des dizaines et même des centaines de réfugiés meurent en Méditerranée. Nous nous efforcerons d’expliquer à nos compatriotes les dangers de l’immigration clandestine vers l’Europe et de leur faire prendre conscience que l’exil en Europe n’est pas une libération, mais une autre forme de souffrance. La seule liberté sera dans notre pays sans guerre.
  • Susciter une vision et une mentalité sans violence. Grâce au précieux soutien de SOHRAM nous avons pris conscience de la réalité multiculturelle et pluri-religieuse de notre pays et sommes convaincus qu’elle doit être laïque. Nous sommes tous des êtres humains et devons vivre ensemble, Arabo-Syriaque, Kurdes, Arméniens, Musulmans, Chrétiens, Alévis…etc. dans l’égalité, la fraternité et la paix. Nous demandons que des solutions aux problèmes de la Syrie soient recherchées dans le dialogue, et non par les armes, par des processus démocratiques et entre Syriens. Pour pouvoir mener ce dialogue entre nous, nous appelons tous les mouvements étrangers non originaires de Syrie à quitter notre pays.
  • Créer un réseau entre les réfugiés et organiser des réunions dans le Centre pour favoriser le développement de la solidarité entre eux.

C’est un projet à long terme que nous devons maintenir – et soutenir financièrement. Malgré notre budget modeste, notre Centre est devenu pour les réfugiés Syriens un lieu de rencontre, un signe d’espoir pour eux tous de même que pour les victimes de la torture et de la violence.

Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à les aider. Votre soutien sera une lueur d’espoir pour un bébé, un enfant ou une personne âgée et pour une victime de la torture et de la violence.

Sohram distribue une aide d’urgence : alimentation et 4 litres de lait par semaine pour chaque bébé

Notre programme pour les réfugiés contribue à créer pour l’avenir un contact qui devrait perdurer entre SOHRAM et les réfugiés, pour le jour où jour ils rentreront en Syrie.

Conflits internes : Malheureusement en 2016 les espoirs de paix ne se sont pas concrétisés. Le conflit s’est exacerbé entre le PKK et l’Etat turc. En raison de ce conflit interne, un climat de violence s’est malheureusement instauré. Le PKK utilise des voitures piégées et des kamikazes. L’Etat poursuit ses opérations contre les forces du PKK, en province par les forces spéciales de l’armée, et dans les villes par les unités spéciales de la police.  Selon les déclarations officielles diffusées par les médias environ 12’800 personnes sont mortes, environ 3’000 autres blessées et environ 8’000 ont été mises en garde à vue ou arrêtées ; environ 500’000 personnes ont été obligées de quitter leur domicile. En réalité personnes ne connaît les chiffres exacts.

Il a été observé cette année aussi que de nombreux enfants de moins de 18 ans prennent part au conflit, une situation qui, selon la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies constitue une violation des droits de l’homme ainsi que des Conventions de Genève, ce que nous tenons à dénoncer. Nous appelons ceux qui détiennent ces mineurs à les remettre inconditionnellement à leurs familles.

Nous appelons les institutions de l’Etat, à respecter scrupuleusement les normes juridiques nationales et internationales.

Depuis le 4 novembre 2016, 26 députés et 62 maires du parti HDP ont été mis en garde à vue et 18 d’entre eux, ainsi que les 62 maires ont arrêtés et incarcérés. 4 maires ont été libérés depuis.

Aide aux déplacés internes : Les organismes gouvernementaux (provinciaux et municipaux) ne parviennent pas à gérer cette crise et ont été incapables de fournir le soutien nécessaire (abri, alimentation etc.) à ceux qui doivent quitter leur foyer pour des raisons de sécurité. Pour répondre à ce problème, SOHRAM a mobilisé tous ses modestes moyens, malheureusement insuffisants en raison de l’ampleur du problème. Nous offrons aux déplacés internes la même aide d’urgence qu’aux autres réfugiés.

Autres activités de SOHRAM

 Arc-en-ciel : Depuis six ans, SOHRAM organise des rencontres interculturelles (fêtes où chaque ethnie présente des chants et des danses), et interreligieuse sous le nom: « Avec nos couleurs culturelles et religieuses, nous formons un Arc-en-ciel dans notre pays ». Des musiciens ont chanté dans les 11 langues parlées en Turquie (Turc, Kurde, Arabe, Arménien, Syriaque, Zaza, Géorgien, Laz,  Roum, Grec, Azerbaïdjanais). Les chœurs de l’église orthodoxe Syriaque

et de l’église catholique Chaldéenne ont chanté en syriaque. Puis le chœur de l’église Syriaques, le groupe de Sema des Alévis et les derviches tourneurs sont montés sur scène ensemble en signe de fraternité, d’égalité et d’union des religions. (Voir www.sohram.com) Chrétiens, sunnites, alévites et un nombreux public se sont rassemblés pour Arc-en-Ciel

Education à la paix : D’année en année, les séminaires réguliers, commencés en 2004 avec 7 à 10 participants sous le titre « LES AUTRES SONT COMME NOUS – NOUS SOMMES COMME LES AUTRES » rencontrent un succès croissant. Les thèmes traités sont : un cours sur les 3 religions monothéistes, l’ouverture aux différentes cultures et religions, la promotion de la tolérance, du respect de l’autre et de l’égalité. Gratuits, ces séminaires sont ouverts à tous, jeunes ou adultes, à raison de 4 heures par semaine. 162 personnes les ont suivis en 2016. Depuis 2004, année où ils ont commencé, et jusqu’à présent, 1’318 personnes ont participé à ces séminaires.

Dialogue interreligieux : Depuis 2002, Yavuz Binbay, directeur de SOHRAM, se rend à l’église Syriaque Sainte Marie de Diyarbakir le jour de Noël et le jour de Pâques, avec tout un groupe de musulmans, pour saluer la communauté chrétienne.

Célébration de Pâques 2016 : Selon la décision prise il y a 14 ans concernant la fête de Pâques, nos jeunes ont invité leurs camarades d’école et de leurs quartiers à participer le 30 avril 2016 à une « fête  de la décoration des œufs ». Comme chaque année, les dames volontaires de SOHRAM ont confectionné des gâteaux pour leurs frères et sœurs syriaques. Nous nous efforçons ainsi de renforcer le lien de fraternité créé entre les étudiants et bénévoles de SOHRAM et les communautés syriaque et arméniens de Diyarbakir.

Le 30 avril 2016 nos jeunes et leurs amis se sont réunis au centre SOHRAM pour teindre et décorer des œufs. Comme chaque année les femmes volontaires du SOHRAM ont cuisiné des gâteaux de Pâques pour leurs frères et sœurs Syriaques. C’est là aussi un signe du lien qui s’est instaurée voici 12 ans entre les étudiants et les bénévoles du centre SOHRAM et la communauté Syriaque et Arménienne à Diyarbakir. Le 1er mai, nous sommes tous allés à l’église syriaque où les enfants ont apporté les œufs qu’ils avaient décorés ainsi que les gâteaux.

Le directeur de SOHRAM, Yavuz Binbay s’est adressé à l’assemblée en rappelant l’engagement de SOHRAM envers les communautés syriaque et arménienne : « Nous n’accepterons jamais … que se reproduisent les tristes évènements de 1915… Nous continuerons à célébrer les fêtes de Noël et de Pâques avec vous, en signe de fraternité et de protection. ». Il a émis le vœu que cette fête, symbole de vie, soit celle de tous les croyants et que sa joie illumine chrétiens et musulmans et il a conclu : « Frères et sœurs, je vous souhaite joyeuses Pâques ! »

Célébration de Noël 2016 : Comme chaque année depuis 14 ans, SOHRAM a fêté Noël avec la communauté syriaque de Diyarbakir, le 25 décembre 2016.

Les graines que Sohram a semées, ont fleuri lors de la célébration de Noël 2016. Nous étions ensemble, chrétiens orthodoxes, catholiques, protestants, musulmans sunnites, alévis, syriaques, arméniens, Kurdes, Arabes, sous la lumière de Noël.

Le 24 décembre 2016 nous avons réuni comme d’habitude des enfants que SOHRAM soutient, ainsi que leurs familles. Ce sont en majorité des enfants victimes de la guerre en Syrie ou affectés par la violence du conflit actuel entre le PKK et l’Etat Turc. Nous leur avons distribué quelques petits cadeaux et leur avons expliqué la signification de Noël. Ils ont aussi pris la parole et ont exprimé leur joie.

Mgr Saliba Ozmen, métropolite de Deir al-Zafaran, et Yavuz Binbay souhaitent continuer à cultiver pour les générations futures cette précieuse fraternité. Dans l’allocution qu’il a prononcée au cours de la cérémonie, le directeur de SOHRAM a réitérée la promesse de SOHRAM et a conclu : « Nous connaissons tous l’histoire tragique du génocide commis à l’encontre de nos frères et sœurs chrétiens syriaques et arméniens. Il ne faut jamais l’oublier, pas plus que les évènements actuels. Frères et sœurs syriaques et arméniens, aujourd’hui, j’espère que nous pourrons apporter un rayon d’espoir aux victimes de la guerre. Noël devrait être la fête de tous les croyants. Sa lumière éclaire chrétiens et musulmans, et je souhaite qu’elle illumine le monde entier. A vous tous, frères et sœurs, joyeux Noël ! »

Visite au métropolite et au monastère Deir al-Zafaran à Mardin avec des volontaires de SOHRAM        

Autres célébrations : Journée mondiale des Nations Unies contre la torture (26 juin) : notre seizième pique-nique annuel avait pour thème : « SOLIDAIRITÉ AVEC LES RÉFUGIÉS SYRIENS, LES VICTIMES DE LA GUERRE, DU CONFLIT INTERNE ET DE LA TORTURE ». Près de 800 personnes y ont participé en famille, dont des dizaines de victimes de la violence.

Le matin du 25 juin 2016, des enfants ont fait voler des cerfs-volants près de la muraille de la ville de Diyarbakir, comme chaque année, pour protester contre la torture et la guerre. Les 48 enfants qui y ont participé ont inscrit leurs souhaits et les ont laissés descendre le cours du fleuve Tigre.

Le 26 Juin, Journée mondiale de l’ONU contre la torture, notre service de psychothérapie a organisé un séminaire sur le thème « LES ENFANTS ET LES FEMMES DANS LES SITUATIONS DE GUERRE ET DE MIGRATION». Ce séminaire, ouvert au public, a eu lieu dans les locaux du centre et a réuni 48 personnes.

PROGRAMME DE SOUTIEN ÉDUCATIF

Ecoliers syriens dans la salle de cours                                         Réfugiés participant au cours de langue au Centre

Ce programme, qui existe depuis le début de l’activité de SOHRAM, n’a pas pour but de se substituer à l’école publique, qui demeure d’excellente qualité. Mais étant donné qu’elle est obligatoire sans être tout à fait gratuite, SOHRAM aide les enfants de familles démunies, victimes de la torture et de violences, ou réfugiées, victimes de la guerre, afin qu’ils puissent fréquenter l’école publique, puis accéder à une formation leur offrant une perspective d’avenir.

Les critères de prise en charge de SOHRAM sont bien définis : la famille ne doit pas être en mesure de payer elle-même la scolarité de l’enfant. Pour chaque enfant qui demande l’admission, nous constituons un dossier.

Notre projet éducatif, durant la décennie écoulée, a permis à un bon nombre de jeunes de poursuivre leurs études ou de trouver du travail, et les a ainsi aidés à se réintégrer dans la société.

Depuis le début du projet en l’an 2000 :

  • 1’508 enfants ont pu, grâce à SOHRAM, continuer et terminer leur scolarité
  • 216 jeunes ont réussi à entrer à l’université, et 57 étudiants ont terminé leurs études universitaires. Actuellement, 159 étudiants immatriculés dans différentes universités de Turquie sont des jeunes que SOHRAM a scolarisés ou rescolarisés, ou soutenus de manière suivie depuis l’école primaire ou secondaire ou le lycée. Sur les 57 étudiants qui ont obtenu leur diplôme universitaire d’enseignement. 23 enseignent bénévolement au Centre SOHRAM.
  • 236 femmes ont suivi des cours d’alphabétisation.
  • Actuellement 162 étudiants suivent notre programme éducatif, dont 46 Syriens.
  • Cours de turc pour réfugiés arabophones de Syrie et d’Irak, suivi par 152 élèves, 4 heures par semaine. depuis le 7 décembre 2013 jusqu’à ce jour 353 réfugiés ont bénéficié de nos cours. Ceux-ci facilitent les contacts avec l’entourage et la recherche de travail.

Pour les jeunes qui ont achevé leur scolarité obligatoire, mais ne savent pas encore ce qu’ils pourraient faire dans la vie, le service social de SOHRAM cherche soit une possibilité de formation professionnelle, soit une place de travail.

Notre service social et le service de psychothérapie ont coordonné plusieurs réunions avec les familles des étudiants sur la communication intrafamiliale et la santé psychologique.

Jour après jour, nous voyons enfants et jeunes retrouver la confiance en eux-mêmes et dans la collectivité. Ils voient des perspectives d’avenir pour leur vie et deviennent capables de prendre leurs responsabilités.

PROGRAMME DE THéRAPIE

Nous avons déjà évoqué la tragique recrudescence de la torture et de la violence. Dans une région où la situation géopolitique et culturelle véhicule diverses formes de violence, parfois latentes, parfois manifestes, les effets se font sentir à tous les niveaux de la société. Ces formes de violence peuvent constituer un danger pour la santé mentale d’une personne.

Un Centre unique : Jusqu’à présent SOHRAM-CASRA reste le premier et le seul organisme de la région offrant un traitement psychothérapeutique gratuit pour les personnes traumatisées. Notre centre est le seul qui offre des services en langues arabe, kurde, syriaque à des réfugiés de la guerre syriens et irakiens.

SOHRAM propose aux patients souffrant de traumatismes une prise en charge individuelle par l’un de nos 3 psychothérapeutes. Nos spécialistes ont en effet constaté que ces patients sont, d’une part, d’une grande fragilité, et que, d’autre part, ils s’investissent très difficilement dans des thérapies de groupe, en raison notamment de facteurs psychologiques et culturels. L’écart des résultats obtenus entre la psychothérapie individuelle et la psychothérapie de groupe est significatif et justifie le choix de notre méthode.

Bilan de notre projet de thérapie : Depuis la création du Centre SOHRAM-CASRA, nous avons accueilli 3’160 victimes, femmes, hommes et enfants ayant subi la torture, victimes de la guerre ou traumatisés par le vécu douloureux de leurs parents.

Quelques informations et chiffres concernant nos patients : En 2016, 176 victimes de tortures, de maltraitances et de la guerre nous ont demandé de l’aide : la plus jeune avait 11 ans et les plus âgés 54 ans. On peut statistiquement les répartir selon l’un ou l’autre des critères du tableau suivant :

  Nombre de personnes
Critère 1 Origine ethnique Arabes 62
  Turcs 8
  Kurdes 92
  Zazas 14
  Syriaques 2
   
Critère 2 Âge des demandeurs Plus de 18 ans 153
  Moins de 18 ans 23
   
Critère 3 Causes de maltraitance Politiques 87
  Délits de droit commun 2
  Violences intrafamiliales 32
  Autres causes (victimes de la guerre) 55
   
Critère 4 Lieux où la violence a été Commissariats de police 84
infligée aux victimes Postes de gendarmerie
  Au sein de la famille 43
  Autres lieux (victimes de la guerre) 49
   
Critère 5 Sexe des victimes Femmes 97
  Hommes 79

 

 

Tous les services médicaux et thérapeutiques qu’offre SOHRAM-CASRA à ses patients sont gratuits.

Nous insistons ici encore une fois sur le fait que les demandes de thérapie continuent malheureusement à augmenter, dépassant fortement les capacités de nos services et nos possibilités financières ! Malgré la situation précaire en 2016, nous avons pu offrir des soins de réhabilitation à 176 personnes !  

Grâce au soutien de la Suisse nous avons pu assurer la poursuite de nos activités. Nous avons reçu depuis plusieurs années un soutien financier et moral important.

En 2016, nous avons reçu un soutien direct de la Section Suisse d’Amnesty International. C’est un grand encouragement qui assure la continuation de nos services !

Infrastructure et PRESTATIONS communes du Centre SOHRAM

Locaux.En plus d’une salle de classe, les élèves ont à leur disposition une salle d’étude et une petite bibliothèque que nous complétons et adaptons chaque année aux besoins des écoliers.

SOHRAM met également à disposition une cantine pour les enfants

Repas gratuits : Pendant la semaine, un repas de midi est préparé dans la cuisine du Centre pour les écoliers et les enseignants et, pendant les week-ends, pour les étudiants et les enseignants des cours complémentaires. Ce sont des mères volontaires qui cuisinent ces repas. Les patients qui suivent les traitements de psychothérapie dans notre Centre reçoivent également une restauration. Ainsi, sur l’année, environ 250 personnes bénéficient du service des repas de SOHRAM.

Service social. – Réintégrer dans la société des victimes de diverses violences est un travail de longue haleine qui ne peut pas se limiter à l’éducation et aux soins médicaux et psychologiques. Il doit donc être complété par un certain nombre d’aides d’ordre social.

Voici ce qu’offre le Service social de SOHRAM : 

  • Une assistante sociale, épaulée par une dizaine de volontaires, visite les familles et les classes d’école des enfants aidés par SOHRAM, afin de dépister assez tôt les problèmes (de santé, psychologiques, sociaux, administratifs…) et trouver une solution.
  • Le même service aide des réfugiés, jeunes et moins jeunes, dans la recherche de places de travail et d’apprentissage. En 2016, il a procuré 42 emplois et 4 places d’apprentissage.
  • Ce service gère également la boutique de vêtements et accessoires ménagers de seconde main, qui se trouve aussi dans notre Centre. 8’986 personnes ont apporté des vêtements et autres objets courants usagés : au total ce sont presque 41’700 objets divers qui ont été distribués en plus de 200 jours et dont 14’824 ménages ont bénéficié.

  Les réfugiés Syriens et les habitants de Diyarbakir bénéficient de notre boutique

Service d’aide juridique. – Une avocate travaille bénévolement dans notre service juridique. Ainsi nous pouvons offrir des conseils juridiques gratuits aux victimes de la torture et de la violence qui viennent déposer leur dossier chez SOHRAM. En 2016, 67 réfugiés Syriens et 14 autres victimes de la torture et de la violence, au total 81 personnes, ont bénéficié de ces consultations juridiques. En outre, notre avocate donne des séminaires aux étudiants et aux femmes sur les droits de l’enfant et de la femme.

ORGANISATIONS QUI SOUTIENNENT NOTRE CENTRE

Grâce à leurs généreuses contributions, ainsi que celles d’un nombre important de donateurs privés, notre travail a pu se poursuivre en 2016. Au nom de toutes les victimes que nous avons pu aider, nous remercions vivement tous les donateurs, et en particulier les organisations ci-dessous :

  • Ambassade de Suisse à Ankara
  • Église réformée du canton de Zoug et Paroisse catholique du Sacré-Cœur de Bâle.
  • Une fondation anonyme de Bâle (Suisse)
  • Fondation Pro-Anima (Suisse)
  • Réintégration au lieu d’exil, association de soutien à SOHRAM-CASRA (Suisse)
  • ACAT-Suisse – Action des chrétiens pour l’abolition de la torture – Berne
  • OMCT – Organisation mondiale contre la torture, Genève
  • Section suisse d’Amnesty international
  • Fonds Canada/Ambassade du Canada à Ankara
Diyarbakir, janvier 2017  

Yavuz Binbay,

Président de SOHRAM-CASRA

*************************************************

Comment soutenir SOHRAM-CASRA?

L’Association de soutien suisse «RÉINTÉGRATION au lieu d’EXIL» récolte en Suisse des fonds pour le Centre SOHRAM, qu’elle lui reverse intégralement, sans déductions administratives.

«Réintégration au lieu d’Exil», fondée en 2004 à Fribourg, est une organisation de bénévoles reconnue d’utilité publique ; les dons provenant de Suisse sont déductibles des impôts, selon le droit fiscal de chaque canton.

Membres du comité et de l’équipe administrative : Susanne Zbären, présidente d’honneur ; Thierry Delay, président ; Patricia Cosandey trésorière-secrétaire ; Norbert Schütz ; Lea Gerber ; Mustafa Binbay.

Versements bancaires :

 

Banque Cantonale

CH-1701 Fribourg

Clearing 00768

en faveur du cpte no CH03 0076 8250 1175 1691 8

RÉINTÉGRATION AU LIEU D’EXIL

soutien à SOHRAM-CASRA, Diyarbakir

Code IBAN: CH03 0076 8250 1175 1691 8

Code SWIFT: BEFRCH22

Versements par La Poste suisse :

Banque Cantonale

CH-1701 Fribourg

Compte postal 17 – 49 – 3

en faveur de

CH03 0076 8250 1175 1691 8

soutien à SOHRAM-CASRA, Diyarbakir

 

Contact – renseignements au sujet des comptes et du budget de SOHRAM et de Réintégration au lieu d’Exil ou de toute autre documentation :

Thierry Delay, pasteur

Président de Réintégration au lieu d’Exil

6, Ch. de la Carrière

1646 – Echarlens

tdelay@mac.com

 

 

Rapport d’activités 2015

SOHRAM – CASRA

Centre d’Action Sociale, de Réhabilitation et de Réadaptation pour les Victimes de la torture et de la violence / Diyarbakir, Turquie

Rapport d’activités 2015

Informations générales sur le Centre sohram-casra ……………………….. 2
Evénements marquants de 2014 et Activités de SOHRAM-CASRA pour Turquie ……………………………….
les Réfugiés, pour la Paix et Contre la violence …….. ……………….. 3-5
Programme de soutien éducatif………………………………………………………. 6-7
Programme de thérapie ……………………………………………………………………. 7-8
Infrastructures et prestations communes…………………………………………… 8
Les organisations qui soutiennent SOHRAM CASRA ………………………………. 9
Comment soutenir SOHRAM-CASRA…………………………………………………. 10

INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LE CENTRE SOHRAM-CASRA

Le but principal qui est à l’origine de SOHRAM-CASRA à Diyarbakir est la réintégration des victimes de la torture, de la violence et des réfugiés de la guerre.

Initiative locale, qui fait appel aux forces locales, le Centre veut rétablir, avec des moyens modestes, la dignité de l’être humain, en aidant les victimes de la violence, de la torture, de la guerre, des troubles sociaux, de la violence familiale, du harcèlement sexuel.

Le Projet SOHRAM/CASRA existe depuis 2000 à Diyarbakir. Deux principes fondamentaux régissent en permanence les activités du Centre: Rester indépendant de toute organisation politique et Rejeter l’emploi de toute violence. Une attention particulière était accordée aux femmes et aux enfants. 

SOHRAM a été le premier centre de psychothérapie ouvert à tous dans la région et reste le seul à ce jour.

Petit à petit, SOHRAM a développé un programme de dialogue interculturel et interreligieux, s’efforçant de créer des rencontres entre toutes les populations, toutes les minorités ethniques, ainsi qu’entre les religions, surtout entre les chrétiens (Syriaques, Arméniens), et les musulmans et les alévis.

SOHRAM considère que la réhabilitation des victimes et leur réadaptation sociale sont des éléments indissociables d’un projet complet. Grâce à une complémentarité d’aide sur les plans physique, psychique et social, les personnes qui bénéficient de nos services pourront réintégrer la société comme individus libres et autonomes.

La spécificité de SOHRAM est de faire un travail global qui comprend Education, Thérapies, Approche interculturelle et interreligieuse et Aide aux réfugiés. Il ne sert à rien de faire une psychothérapie si l’on ne peut pas trouver du travail. Il ne sert à rien de recevoir une couverture quand on est réfugié(e) si on ne trouve pas un lieu de vie et si les mentalités de la population ne changent pas. Si l’un de ces programmes ne peut pas être réalisé, c’est tout le concept de SOHRAM qui s’écroule.

Pour atteindre cet objectif, nous avons mis sur pied:

  • un programme de Soutien éducatif
  • un programme de Thérapie pour les victimes traumatisées
  • un programme Dialogue interculturel  et interreligieux / Communications
  • un programme d’Aide aux réfugiés

complétés au besoin et selon les possibilités, par des appuis:

  • une Aide médicale (consultations et médicaments gratuits)
  • une Aide juridique (consultations et préparation de dossiers)
  • une Aide sociale (recherche de travail, distribution d’habits de seconde main, conseil, distributions urgentes pour des réfugiés de la guerre).

Activites de SOHRAM pour les réfugiés, pour la paix et contre la violence

2015 : Evénements récents : La guerre civile en cours au Moyen-Orient en 2015 fait penser à une guerre mondiale et un massacre des nations (Arabe, Kurde, Syriaque, Arménie, Turkmène etc.) de cette géographie. En raison de la guerre civile en cours depuis des décennies, elle a conduit à un afflux des vagues de réfugiés en 2015. En raison de la vague actuelle des réfugiés tout au long de l’année 2015, le nombre de réfugiés à augmenter dans notre région 900’000, alors que le pays a atteint 3’000’000. Les événements récents au Moyen Orient  et le conflit qu’il a commencé depuis juillet 2015 entre les mouvements du PKK et l’état Turc (à notre région Sud-est de la Turquie) d’une façon guerre civile ont donné SOHRAM une importance et une mission nouvelles: ces événements sont notamment l’afflux de réfugiés venant de Syrie et d’Irak et en plus à cause le conflit interne les réfugiés interne qu’il commence. Enfin, la montée de l’islamisme (interprétation intolérante de l’islam qui condamne tous ceux qui n’adhèrent pas à leur compréhension de l’islam) a favorisé une atmosphère de haine ethnique et religieuse. A cela s’ajoute le fait que – comme dans tous les pays d’Europe – l’afflux de réfugiés crée une atmosphère de rejet et de nationalisme.

En 2015 trois bombes ont explosé (à Diyarbakir, Suruç/Urfa et Ankara) comme un cause de détruite l’espoir  de la paix et que provoque le conflit actuelle.

Nouvelles missions de SOHRAM : Les missions nouvelles de SOHRAM sont l’accueil des réfugiés, et  le dialogue inter-ethnique et inter-religieux. Mais il faut aussi maintenir les activités antérieures. Toutes ces tâches dépassent de beaucoup les capacités dont disposait jusqu’ici la petite équipe de SOHRAM, constituée de son directeur, de 4 ou 5 salariés (psychothérapeutes, assistante sociale) et de dizaines bénévoles (juriste, enseignants, médecin).  On a souvent dit que le travail pour la paix n’était possible que si les mentalités changeaient. SOHRAM devra donc intensifier son travail dans ces domaines. Ils participent à un effort général pour le « peace-building »  Pour cela, SOHRAM va devoir engager des forces nouvelles.

Les nouveaux programmes de SOHRAM sont des projets à long terme, incluant le développe­ment de la culture intellectuelle :

  • Ouvertures aux autres ethnies et aux autres religions
  • Libération d’un fondamentalisme médiéval, comme le pratique actuellement Daesh en Syrie et en Iraq
  • Etablissement de relations durables avec les réfugiés de la guerre syrienne.

Les problèmes des réfugiés en Turquie et particulièrement à Diyarbakir et le conflit interne: Depuis l’aggravation de la guerre civile en Syrie, soit depuis 2012, et depuis les exactions commises par les terroristes de l’Etat islamique (Daesh), les réfugiés affluent en Turquie. Chaque jour peut être considéré comme la violence et les attaques, les massacres sont surveillés. Les réfugiés tentent à échapper à ce massacre cherchent, de se réfugier dans les pays voisins. Des Réfugiés qui tentent d’atteindre l’Europe, des dizaines de milliers ont perdu leurs vies dans la mer méditerranée. Quand on regarde la structure du pouvoir et de conflit, Nous craignons que, à tout moment il puisse y avoir un nouveau massacre. Nous invitons la force internationale et les parties à prendre des mesures pour éliminer ce risque.

Le gouvernement turc donnait, en décembre  2015, le chiffre de 3 millions de réfugiés en Turquie, sûrement inférieur à la réalité. Seuls 220’000 sont hébergés dans des camps ouverts par le gouvernement turc et par le Haut-Commissariat des Réfugiés. Selon la Fondation syriaque d’Istanbul  , il y a 44’000 réfugiés chrétiens en Turquie. Ces camps sont souvent contrôlés par des groupes islamistes, ce qui rend la vie encore plus difficile pour les Chrétiens (Syriaques, Arméniens, etc.),  les Yésidis, les Alévites, les Arabes, les Kurdes, etc. Ceux qui ne sont pas hébergés dans des camps, soit environ 80 % des réfugiés en Turquie doivent se débrouiller, demander l’hospitalité, coucher dans la rue, mendier. Les plus fortunés essaient de fuir la Turquie.

On estime à 900’000 le nombre de réfugiés dans la région de Diyarbakir (sud-est de la Turquie). Comme dans tout pays qui connaît un afflux massif de réfugiés, la population développe une hostilité croissante envers eux. Il se pose en outre la question de la langue: ces réfugiés parlent en général  arabe, langue qui n’est  parlée que par une minorité en Turquie; quelques-uns parlent kurde et ont plus de chance de se faire comprendre dans les régions kurdes de Turquie et de trouver des petits boulots. L’inquiétude augmente quant à l’approche de l’hiver qui peut être très froid dans cette région. Les plus malheureux sont les malades, les femmes enceintes, les enfants, les vieillards, celles et ceux qui appartiennent à des minorités religieuses (Chrétiens, Yésidis, Alévites, etc.).Les réfugiés hors des camps ne reçoivent aucune assistance de l’Etat ni d’aide internationale.

Sohram a fait des déclarations à la presse appelant pour arrêter la guerre de la Syrie, la situation des réfugiés,  sur de la sensibilité de l’assistance aux réfugiés. Sohram a  envoyé des appels au ce sujet, aux les chefs d’Etat et à des ambassades à Ankara. Merci, à l’ambassade de Suisse et l’ambassade Canada qu’ont montrant  une sensibilité à cette question.

Les activités de SOHRAM en 2015 :

Réfugiés Syriens –Depuis l’automne 2013, SOHRAM s’efforce d’aider les réfugiés en obtenant pour eux de l’alimentation ou de l’hébergement gratuit, en offrant des cours de turc, en soignant les malades et en scolarisant des enfants. Une attention particulière a été accordée aux bébés, et une récolte de lait a été organisée avec l’aide financière des amis suisses de SOHRAM-CASRA. Des milliers de personnes ceux-ci qui ont bénéficié nos aides, sans distinction de la race, de la religion et de la secte

                 Sohram a fourni de l’aide aux réfugiés syriens en 2015

  • Distribution de 276 couvertures, 68 poêles et appareils de chauffage d’électrique, 50 matelas.
  • 108 familles ont reçu de charbon,
  • 8’864 personnes ont pu bénéficier de notre boutique,
  • 32 personnes ont reçu une aide juridique, 104 des médicaments,
  • 206 bébés ont reçu de l’alimentation (4 litres du lait par semaine pour chaque bébé et farine du riz),
  • 123 des aides alimentaires,
  • 389 personnes ont eu des entretiens avec une assistante sociale.
  • 94 personnes suivent des psychothérapies et des traitements médicaux,
  • 84 personnes se sont inscrites à des cours de turc et 46 ont reçu une aide pour leurs frais de transport.
  • 48 enfants ont été intégrés dans notre programme soutien éducatif.

  •  Sohram distribue 4 litres de lait par semaine pour chaque bébé

Notre programme pour réfugiés crée un contact durable pour le futur entre SOHRAM et les réfugiés, même si un jour ils rentrent en Syrie.

Nous avons créé un comité pour la Paix par des jeunes Syriens et des volontaires du Sohram . Ils ont déclaré leurs buts par une conférence de presse comme suivant :

Fournir des informations au sujet quelle est l’importance de rester proche de ses frontières pour retour dans leur pays.   

Nous sommes des millions réfugiés Syriens (Arap-Syriaque, Kurdes, Arméniens, Musulmans, Chrétiens, Alévis, Etc.,) en Turquie et dans le monde. Nous cherchons un endroit qui va nous protéger de la barbarie de la guerre. Nous savons que tous les Syriens cherchent un endroit plus en sécurité pour leur famille et loin de la guerre. Mais n’oublie pas que quand vous allez loin de les frontières de notre pays nous perdrons notre pays. Nous vous appelons et priée de rester proche à la nos frontières. Notre pays est encore là seulement les barbaries de la guerre des étranges nous obligé de quitter notre pays. La guerre actuelle n’est pas une guerre des Syriens, ce guerre est une guerre des étranges presque d’une guerre mondiale. Nous vous appelons aux jeunes Syriens, refusez d’être un argument et partisan de cette guerre cruelle. Cette guerre n’est pas notre guerre.

Nous appelons que les problèmes de Syrie doit résoudre en dialogue sans armée en méthode démocratique entre des Syriens. Pour qu’on puisse prendre la dialogue entre nous, nous appelons que tous les mouvements étranger qui ne sont pas origine de Syrie doit quitter notre pays.    

Protéger et augmenter l’espoir et encourager pour retour dans leur pays.

C’est vrai que à cause de la guerre notre pays Syrie est détruit il reste plus que rien mais si, on pourrait arrêter cette guerre sans pitié on pourra reconstruire notre pays.

Avec soutien du SOHRAM nous organiserons des réunions à Sohram pour informer nos compatriotes. Pour protéger et augmenter l’espoir et encourager qu’un jour on pourrait retour dans leur pays.

Fournir des informations sur les dangers de l’immigration clandestine vers l’Europe.

Tout chaque jour il y a des nouvelles que des dizaines ou des centaines réfugiés sont mort au méditerrané. On essayera d’expliquer les dangers de l’immigration clandestine vers l’Europe et que l’Europe n’est pas  une libération, est une autre forme de souffrance. La seule liberté sera dans notre pays sans guerre.

Créé une vision et mentalité sans violence.

Avec les soutiens précieux de Sohram nous avons appris une vision de réalité de notre pays multiculturelle et multi religion l’importance qu’elle doit d’être laïque.

Nous sommes tous d’être humain on doit vivre ensemble Arap-Syriaque, Kurdes, Arméniens, Musulmans, Chrétiens, Alévis…etc. en façon d’égalité et fraternité en paix.

Perdre l’espoir de la paix en Turquie à la question Kurde: Malheureusement, en 2015, les politiciens ne pouvait pas produit un projet concret qui incarnera l’espoir d’une paix durable. Le désespoir a remplacé, l’espère par un conflit qui entraîner la région dans situation la guerre civile. Le plus important de ces espoirs, était de production une solution permanente au problème kurde. Le plus gros gain de ce processus, a été poursuivi pendant trois ans, était arrêté les affrontements entre soldats et guérilleros. De cette façon, des centaines de personnes qui meurent chaque année en raison de conflits, n’étaient pas mort au cours de cette période. Grâce à ce processus, une réduction significative a été observée dans la détention et la torture de milliers d’arrestations.

Les personnes qui aspirent à la paix ont exprimé lors des élections tenues en 2015, à voter dans l’espoir de parvenir à une paix durable. Selon nos observations, notre région est utilisée pour maintenir en continu tendue de certains pouvoirs. En conséquence de ces politiques, en mettant l’accent depuis Juillet, et à la suite des conflits violents en cours a alimenté une guerre civile depuis Novembre a provoqué l’indignation grave de se produire dans la société. Compte tenu les déclarations à la presse, environ 2’000 personnes ont perdu leurs vies. Des centaines personnes ont blessé, environ 300’000 des habitants de la région ont été forcés de quitter leurs maisons. La people ont été pris au piège dans le triangle La colère, la peur et le désespoir.

Nous observons que Les organismes gouvernementaux (provinciaux et municipaux) ne parviennent pas à gérer cette crise. Ils ont été insuffisants pour fournir un soutien nécessaires abri, nutritionnel et ainsi de suite pour ceux qui doivent quitter leur foyer pour des raisons de sécurité. Pour surmonter cette question Sohram a mobilisé tous leurs moyens, mais en raison de l’ampleur du problème était inadéquate. Nous avons leur offre tous l’aide urgence que nous offrons aux autres réfugiés. Nous les eux identifiés comme des réfugiés internes.

Il a été observé que de nombreux enfants de moins de 18 ans prendre part au conflit. Nous voudrons appeler que cette situation, selon la convention sur les droits de l’enfant des Nations Unies est une violation des droits de l’homme et est une violation de la Convention de Genève et nous tenons à rappeler la sensibilité doit être montré.

Nous appelons les institutions de l’Etat, précisément respecté en ce qui concerne le respect des normes juridiques nationales et internationales.

Nous appelons aux deux cotés au conflit, en cette période sensible en monde et particulier notre région qui passent, vous ne pouvez pas résoudre les problèmes par le conflit va conduire à la destruction du pays, il doit être fondé sur le dialogue et des méthodes démocratiques.

Les activités de SOHRAM 

Arc-en-ciel : Depuis cinq ans, SOHRAM organise des rencontres interculturelles (fêtes où chaque ethnie présente des chants et des danses), et interreligieuse sous le nom: « Avec nos couleurs culturelles et religieuses, nous formons un Arc-en-ciel dans notre pays ». Des musiciens ont chanté dans les 11 langues qui sont parlées en Turquie (Turc, Kurde, Arabe, Arménien, Syriaque, Zaza, Géorgien, Laz,  Roum, Grec, Azerbaïdjanais). Les chœurs de l’église orthodoxe Syriaque et de l’église catholique Chaldéenne ont chanté en syriaque. Ensuite, le chœur de l’église Syriaques, le groupe de Sema des Alévis et les derviches tourneurs sont montés sur scène ensemble en signe de fraternité, d’égalité et d’union des religions. (Voir www.sohram.com) Chrétiens, sunnites, alévites et un nombreux public étaient rassemblés pour Arc-en-Ciel

SOHRAM éduque à la paix : D’année en année, les séminaires réguliers que nous avons commencés en 2004 avec 7 à 10 participants sous le titre « LES AUTRES SONT COMME NOUS – NOUS SOMMES COMME LES AUTRES » rencontrent un succès grandissant. Les thèmes qui y sont traités sont : cours sur les 3 religions monothéistes, ouverture aux différentes cultures et religions, promotion de la tolérance, du respect de l’autre et de l’égalité. Gratuits, ces séminaires sont ouverts à tous, jeunes ou adultes, à raison de 4 heures par semaine. 159 personnes y ont participé en 2015. Depuis le commencement en 2004  jusqu’à présent,  1’156 personnes ont participé à ce séminaire.

Dialogue interreligieux : Depuis 2004, le directeur de SOHRAM Yavuz Binbay se rend dans l’église Syriaque Sainte Marie de Diyarbakir, le jour de Noël et le jour de Pâques, avec tout un groupe de musulmans, pour saluer la communauté chrétienne. On parle beaucoup cette année des massacres perpétrés contre les Arméniens et autres chrétiens il y a cent ans (1915). Cette hostilité n’a pas disparu.

Nous avions participé à la célébration du Pâque. Ça fait deuze ans SOHRAM avait pris une décision concernant la célébration du Pâque avec la communauté Syriaque à Diyarbakir. Selon cette décision nos étudiants ont invité ses amis de leurs écoles et de leurs quartiers pour organiser une activité sous nom « fête de peinture, dessiné et coloré les œufs ».

Le 11 mai 2015 nos étudiants et ses amis qui ont été invité par nos étudiants ont réuni au SOHRAM pour peinturer et dessiner des œufs. Comme chaque année les femmes volontaires du SOHRAM ont cuisiné des gâteaux de la pâque pour ses frères et sœurs Syriaques. Nous essayons de renforcer le pont de fraternité cordiale qui a été créé ça fait 12 ans par SOHRAM, entre étudiants et bénévoles du SOHRAM et de la communauté Syriaque et Arméniens à Diyarbakir.

Le 12 avril 2015 nous sommes allés à l’église Syriaque à Diyarbakir avec nos volontaires, étudiants et parents de l’étudiant du SOHRAM. Nous avons apporté des œufs qui ont dessiné par nos étudiants, des gâteaux qui ont cuisiné par nos femmes volontaires. Nos cadeaux ont présenté par nos étudiants et volontaires comme un cadeau de fraternité à ses frères et sœurs Syriaque.

Binbay a dit ; «Nous tous savons la triste histoire le génocide crime contre l’humanité avant un siècle qui a lieu contre nos frères et sœurs chrétiens Syriaque et Arméniens. Qu’on doit n’oublier jamais. Nos frères et sœurs Syriaques et Arméniens, Pardonnez-nous que nous n’avons pas pu vous protéger contre ce génocide crime contre l’humanité. ».

« Nous, communauté du SOHRAM, nous avons promis que nous protègerons nos frères et sœurs Syriaques et Arméniens, jamais, nous n’accepterons pas aucunes agression vers eux. Nous ne laisserons pas une répétition de triste histoire qui ont été eu lieu dans l’histoire en 1915. Nous serons assurance de protection nos frères et sœurs syriaques et Arméniens. Nous célébrerons toutes les Noëls et pâques tous ensemble comme un symbole de fraternité et protection nos frère et sœurs Syriaques et Arméniens. »

« Pâques, re-création et de l’existence, une fête qui est le symbole de la vie. Pâques avec nos frères et sœurs chrétiens qui symbolisaient la résurrection de Jésus et de déplacés encore jusqu’à aujourd’hui. Donc, aujourd’hui, Pâque est une tradition de nos frères chrétiens et héritier du transporteur. En fait, cette fête devrait être une fête pour tout le monde à croire au  Dieu. Mais, je ne comprends pas le Pâque pourquoi ne célébrée pas par les autres religions. Je souhaite que cette fête soit un jour de fête célébrée par tous ceux qui croient en Dieu. La lumière de la pâque est éclairé dans la croissance du Chrétienne et du Musulman, je souhaite cette luminaire éclairé tout le monde. Mes frères et sœurs Je vous souhaite bon Pâque ».

On a prévu de nous présenter pour une messe qui aura lieu pour commémoration des victimes de génocide le 24 avril 2015 à village Ayınverk un village symbolique qui se défendre long temps contre le génocide.

Célébration de Noël 2015 au monastère de Deir al-Zafaran, à Mardin, avec la communauté syriaque de Diyarbakir. Le 24 décembre 2015 nous avons réuni des enfants que SOHRAM soutient, ainsi que leurs familles. Ce sont en majorité des enfants victimes de la guerre en Syrie ou affectés par la violence du conflit actuel entre le PKK et l’Etat Turc. Nous leur avons distribué quelques petits cadeaux et leur avons expliqué la signification de Noël. Nous leur avons aussi donné la parole pour qu’ils puissent exprimer ce qu’ils ressentaient. Une fillette a déclaré : « Je suis très heureuse. Voici longtemps, depuis que nous avons quitté notre belle maison en Syrie, à Alep, que je n’ai pas reçu de cadeau… Merci Noël et merci SOHRAM. Je montrerai mon cadeau à mes amies ». Un garçon du quartier Sur de Diyarbakir, très touché par la brutalité du conflit : « J’étais très triste et même désespéré parce que notre maison est détruite et que mon père n’a pas trouvé de travail. Depuis le commencement de conflit, nous sommes installés chez ma tante. En raison de notre situation, je pensais que je ne pourrais pas aller à l’école, mais aujourd’hui j’ai reçu deux cadeaux de SOHRAM : le premier était une couverture et le deuxième, c’est que SOHRAM va m’aider à poursuivre mon éducation. Merci Noel et merci SOHRAM ».

Il y a treize ans, SOHRAM a pris la décision de célébrer Noël avec la communauté Syriaque de Diyarbakir. En cette année 2015, comme d’habitude, SOHRAM a fêté Noël avec cette communauté, mais en raison de la situation actuelle à Diyarbakir, la célébration a eu lieu au monastère de Deir al-Zafaran, aux environs de Mardin, le 25 décembre 2015.

Depuis deux mois la situation à Diyarbakir est très tendue, avec des aspects de guerre civile. Dans cette situation de conflit, le gouverneur de Diyarbakir a décrété l’état d’urgence dans plusieurs quartiers de la ville, et les habitants ne peuvent ni y entrer ni en sortir.

Nous nous sommes réunis et avons décidé de célébrer la fête, quelles que soient les circonstances, pour ne pas rompre avec notre coutume qui symbolise notre fraternité avec nos frères et sœurs syriaques. Nous avons donc pris la décision d’aller à Mardin avec eux pour fêter Noël ensemble et avons loué trois minibus pour nous rendre au monastère.

Depuis l’époque préchrétienne et jusqu’au début du 20ème siècle, Syriaque et Arméniens constituaient la population majoritaire à Diyarbakir et à Mardin. Lors du génocide de 1915, malheureusement, ils ont été massacrés et ont dû quitter ces villes.

Nous essayons de renforcer le pont de fraternité cordiale créé il y a 13 ans, à l’initiative de SOHRAM, entre les étudiants et bénévoles du Centre et les communautés syriaque et arménienne dans notre région du sud-est de la Turquie.

Binbay et Mgr Saliba Ozmen, Métropolite du monastère de Deir al-Zafaran, souhaitent continuer à cultiver pour les générations à venir cette fraternité précieuse qui a vu le jour entre SOHRAM et la communauté syriaque, en dépit de tous les tristes évènements qui se sont déroulés il y a un siècle.

Dans son allocution au cours de la célébration, M. Binbay a déclaré : « Nous connaissons tous l’histoire tragique du génocide, crime contre l’humanité commis à l’encontre de nos frères et sœurs chrétiens syriaques et arméniens. Il ne faut jamais l’oublier. Frères et sœurs syriaques et arméniens, pardonnez-nous de n’avoir pas pu vous protéger contre ce crime.

Nous, la communauté de SOHRAM, nous avons promis de protéger nos frères et sœurs syriaques et arméniens. Jamais nous n’accepterons une quelconque agression à leur encontre. Nous ne laisserons pas se répéter la triste histoire qui s’est déroulée en 1915. Nous assurerons la protection de nos frères et sœurs syriaques et arméniens. Et en toutes circonstances, nous célébrerons ensemble les fêtes de Noël et de Pâques, en symbole de notre fraternité avec eux et en signe de protection.

Aujourd’hui donc, Noël est une tradition de nos frères chrétiens qui en sont les héritiers et l’ont transmise. En réalité, ce devrait être une fête pour tous ceux qui croient en Dieu, et je ne comprends pas pourquoi les autres croyants ne la célèbrent pas. La lumière de Noël éclaire chrétiens et musulmans et je souhaite qu’elle illumine le monde entier. Mes frères et sœurs, je vous souhaite un joyeux Noël. »

Après la messe, les bénévoles de SOHRAM et la communauté syriaque ont parlé ensemble des évènements tragiques de 1915-1916.

Visite au métropolite et au monastère Dar’ul Zahfaran à Mardin avec des volontairs du SOHRAM           

 Toujours dans le souci de la compréhension de «l’autre», ont eu lieu en 2015 pour la troisième fois, des rencontres à Siirt et à Tillo, organisées par SOHRAM. Quelque 700 personnes y ont participé, dont quelques-unes en famille. Au cœur de ces rencontres : la promotion de la connaissance des autres religions et cultures, par une recherche commune des traces de dialogues historiques entre l’islam, le judaïsme et le christianisme.

Autres célébrations : Journée mondiale des Nations Unies contre la torture  (26 juin) : Le 12 juin 2015 s’est tenu notre seizième pique-nique annuel, sous thème  «  Solidarité avec les réfugiés syriens et victimes de guerre « . Il y a eu plus de 1’500 participants dont des dizaines de victimes de la violence avec leur famille. (Voir www.sohram.com ) Nous avons distribué aux participants la brochure du barreau d’Istanbul  « Les règles juridiques de la détention en Turquie et les droits juridiques des détenus ».

Le matin du 25 juin, comme chaque année, des enfants ont fait voler des cerfs-volants depuis la muraille de la ville de Diyarbakir, pour protester contre la torture et la guerre. Ils ont aussi écrit des souhaits qu’ils ont fait flotter dans la rivière du Tigre. Il y a eu 32 participants.

Le 26 juin notre service de psychothérapie a organisé un séminaire sous thème « LES ENFANTS DANS DES CONDITIONS DE LA GUERRE ET DE LA MIGRATION». Il a eu lieu dans notre salle du centre, et il était ouvert au public. Cette séance a réuni 46 personnes

Vie de 45 ans dans la lutte pour les droits de l’homme le président fondateur Yavuz Binbay, apporté de nombreuses contributions dans ce domaine. Yavuz Binbay a été sélectionné parmi les 10 défenseurs des droits humains à travers le monde par l’OMCT (Organisation Mondial Contre la Torture) en 2015.

PROGRAMME DE SOUTIEN ÉDUCATIF

  Etudiants Syriens dans la salle du cours

Ce programme, qui existe depuis le début de l’activité de SOHRAM, n’a pas pour but de se substituer à l’école publique, qui demeure d’excellente qualité. Mais étant donné qu’elle est obligatoire sans être tout à fait gratuite, SOHRAM aide les enfants issus de familles démunies, victimes de la torture et de violences, ou de familles réfugiés victimes de la guerre. – afin qu’ils puissent d’abord fréquenter l’école publique et ensuite accéder à une formation avec une perspective d’avenir.

Les critères de prise en charge de SOHRAM sont bien définis : la famille ne doit pas être en mesure de payer elle-même la scolarité de l’enfant. Pour chaque enfant qui demande l’admission, nous constituons un dossier.

Notre projet éducatif a permis, durant la décennie écoulée, à un bon nombre de jeunes de poursuivre leurs études ou de trouver du travail, et ainsi les a aidés à se réintégrer dans la société. Depuis le début du projet en l’an  2000,

  • 1’453 enfants ont pu, grâce à SOHRAM, continuer et terminer leur scolarité
  • 191 étudiants ont réussi à entrer à l’université, et 39 étudiants ont terminé leurs études universitaires. Actuellement, il y a 136 étudiants aux différentes universités de Turquie que SOHRAM a scolarisés ou ré-scolarisés, ou avait soutenus de manière suivie depuis l’école primaire ou secondaire ou au lycée. 54 étudiants ont obtenu leur diplôme de l’enseignement universitaire. 19 de ces étudiants enseignent bénévolement au Centre SOHRAM.
  • 236 femmes ont suivi des cours d’alphabétisation.
  • Actuellement nous avons 164 étudiants dans notre programme d’éducations. 48 de nos étudiants sont Syriens.
  • Cours de turc pour réfugiés arabophones de Syrie et d’Irak : 152 élèves, 4heures par semaine, depuis le 7 décembre 2013, 39 élèves en 2014 et 84 élevés en 2015. Ces cours facilitent les contacts avec l’entourage et la recherche de travail.

Pour les autres jeunes, qui ont achevé leur scolarité obligatoire mais ne savent pas encore ce qu’ils pourraient faire dans la vie, le service social de SOHRAM cherche soit une possibilité de formation professionnelle, soit une place de travail.

Notre service social et le service de psychothérapie ont coordonné plusieurs réunions avec les familles des étudiants sur la communication intrafamiliale et sur la santé psychologique.

Jour après jour, nous voyons nos enfants et jeunes retrouver la confiance en eux-mêmes et dans la collectivité. Ils voient des perspectives d’avenir pour leur vie et deviennent capables de prendre leurs responsabilités.

PROGRAMME DE THéRAPIE

Nous avons déjà évoqué la tragique recrudescence de la torture et de la violence. Tout cela dans une région où la situation géopolitique et culturelle véhicule diverses formes de violence – parfois latentes, parfois manifestes – s’exprimant à tous les niveaux de la société. Ces formes de violence peuvent constituer un danger pour la santé mentale d’une personne.

Un Centre toujours unique. Jusqu’ici SOHRAM-CASRA reste le premier et seul organisme dans la région offrant un traitement psychothérapeutique gratuit pour les personnes traumatisées.

SOHRAM propose aux patients ayant subi des traumatismes une prise en charge individuelle par l’un de nos 3 psychothérapeutes. Nos spécialistes ont en effet constaté que ces patients sont d’une part d’une grande fragilité, et que d’autre part ils s’investissent très difficilement dans des thérapies de groupe, cela aussi pour des facteurs psychologiques et culturels. L’écart de résultats obtenus entre la psychothérapie individuelle et la psychothérapie de groupe est significatif et justifie le choix de notre méthode.

Bilan de notre projet de thérapie : Depuis la création de notre Centre SOHRAM-CASRA, nous avons accueilli 2’984 victimes, femmes,  hommes et enfants ayant été victimes de la torture, victime de la guerre ou traumatisés par le vécu de la souffrance de leurs parents.

Voici quelques informations et chiffres sur nos patients: En 2015, 184 victimes de tortures, de maltraitances et de la guerre nous ont demandé de l’aide: la plus jeune avait 11 ans et les plus âgés 54 ans. On peut statistiquement les répartir selon l’un ou l’autre des critères du tableau suivant:

  Nombre de personnes
Critère 1 Origine ethnique Arabes 62
  Turcs 8
  Kurdes 96
  Zazas 16
  Syriaques 2
   
Critère 2 l’âge des demandeurs Plus de 18 ans 158
  Moins de 18 ans 26
   
Critère 3 Causes de maltraitance Politiques 87
  Délits de droit commun 2
  Violences intrafamiliales 36
  Autres causes  (victimes de la guerre) 59
   
Critère 4 Lieux où la violence a été A la police 84
infligée aux victimes A la gendarmerie
  Au sein de la famille 47
  Autres lieux (victimes de la guerre) 53
   
Critère 5 Sexe des victimes Femmes 102
  Hommes 82

Tous les services médicaux et thérapeutiques qu’offre SOHRAM-CASRA à ses patients sont gratuits.

Nous insistons ici encore une fois sur le fait que les demandes de thérapie continuent malheureusement à augmenter, dépassant fortement les capacités de nos services et nos possibilités financières! Malgré cette situation précaire en 2015, nous avons pu offrir des soins de réhabilitation à 184 personnes !  

Grâce au soutien de la Suisse nous avons pu assurer la continuation de nos activités. Un soutien financier et moral majeur nous a été donné depuis plusieurs années par l’Ambassade suisse à Ankara.

En 2015, nous avons reçu un soutien direct du Département Amnesty Suisse. C’est un grand encouragement qui assurer la continuation de nos services!

Infrastructure et Pretations communes

du Centre SOHRAM

Locaux.En plus d’une salle de classe, les élèves ont à leur disposition une salle d’étude et une petite bibliothèque que nous complétons et adaptons chaque année aux besoins des écoliers.

 

SOHRAM met également à disposition une cantine pour les enfants

Repas gratuits.Pendant la semaine, un repas de midi est préparé dans la cuisine du Centre pour les écoliers et les enseignants; et pendant les week-ends, pour les étudiants et les enseignants des cours complémentaires. Ce sont des mères volontaires qui cuisinent ces repas. Les patients qui suivent les traitements de psychothérapie dans notre Centre reçoivent également une restauration. Ainsi, sur l’année, environ 250 personnes bénéficient du service des repas de SOHRAM.

Service social.Réintégrer dans la société des victimes de toutes sortes de violences est un travail de longue haleine et qui ne peut pas se limiter à l’éducation et aux soins médicaux et psychologiques. Il doit donc être complété par un certain nombre d’aides d’ordre social. Voici ce qu’offre le Service social de SOHRAM:

  • Une assistante sociale, épaulée par une dizaine de volontaires, visite des familles et des classes d’école des enfants aidés par SOHRAM afin de dépister assez tôt les problèmes (de santé, psychologiques, sociaux, administratifs…) et y trouver une solution.
  • Le même service aide réfugiés, jeunes et moins jeunes pour la recherche de places de travail et d’apprentissage. En 2015, il a procuré 36 emplois et 7 places d’apprentissage.
  • Ce service gère également la boutique de vêtements et accessoires pour le ménage de seconde main, qui se trouve aussi dans notre Centre. 8’798 personnes ont apporté des vêtements et autres objets courants usagés : au total ce sont presque 42’900 objets divers, qui ont été distribués sur plus de 200 jours et qui en ont fait bénéficier 15’862 ménages.

  Les réfugiés Syriens et les habitants Diyarbakir bénéficient de notre boutique

Service d’aide juridique. – Une avocate travaille bénévolement dans notre service juridique. Ainsi nous pouvons offrir des conseils juridiques gratuits aux victimes de la torture et de la violence qui viennent déposer leur dossier chez SOHRAM. En 2015, 62 des réfugiés Syriens et 11 autres victimes de la torture et de la violence, au total 73 personnes, ont bénéficié de ces consultations juridiques. En outre, notre avocate donne des séminaires aux étudiants et aux femmes sur les droits de l’enfant et de la femme.

ORGANISATIONS QUI SOUTiennent NOTRE CENTRE

Grâce à leurs généreuses contributions, additionnées à celles d’un nombre important de  donateurs privés, notre travail a pu être poursuivi en 2015. Au nom de toutes les victimes que nous avons pu aider, nous remercions vivement tous les donateurs, et en particulier les organisations ci-dessous.

  • Ambassade de Suisse à Ankara
  • Église réformée Lucerne (Suisse)
  • Une fondation anonyme de Bâle (Suisse)
  • Fondation Pro-Anima (Suisse)
  • Réintégration au lieu d’exil, association de soutien à SOHRAM-CASRA (Suisse)
  • ACAT-Suisse – Action des chrétiens pour l’abolition de la torture – Berne
  • OMCT – Organisation mondiale contre la torture, Genève
  • Section suisse d’Amnesty international

Adresse du Centre SOHRAM:

SOHRAM – CASRA

Kurt Ismail Pasa Mah. 1.sokak Tavsanli Apt. Kat:4/10-11  ofis / Diyarbakir / Turquie

Tél.: 00 90 412 224 44 77

e–mail: sohram@hotmail.com -site d’Internet: www.sohram.com (langue: turc et français)

Diyarbakir, janvier 2015 Yavuz Binbay,

Président de SOHRAM-CASRA

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Comment soutenir SOHRAM-CASRA?

L’Association de soutien suisse «RÉINTÉGRATION au lieu d’EXIL» (RAE) récolte des fonds, en Suisse pour le Centre SOHRAM, qu’elle lui reverse intégralement, sans déductions administratives.

«Réintégration au lieu d’Exil», fondée en 2004 à Fribourg, est une organisation de bénévoles et reconnue d’utilité publique ; les dons provenant de Suisse sont déductibles des impôts, selon le droit fiscal de chaque canton.

Membres du comité de RAE en 2015: Susi Zbären, présidente d’honneur; François de Vargas, président; Rosy Deschenaux, trésorière; secrétaire;  Norbert Schütz.

Versements bancaires :

 

Banque Cantonale

CH-1701 Fribourg

Clearing 00768

en faveur du cpte no CH03 0076 8250 1175 1691 8

RÉINTÉGRATION AU LIEU D’EXIL

soutien à SOHRAM-CASRA, Diyarbakir

Code IBAN: CH03 0076 8250 1175 1691 8

Code SWIFT: BEFRCH22

Versements par La Poste suisse :

 

Banque Cantonale

CH-1701 Fribourg

Compte postal 17 – 49 – 3

en faveur de

CH03 0076 8250 1175 1691 8

soutien à SOHRAM-CASRA, Diyarbakir

 

Contact – renseignements – des comptes et du budget de SOHRAM et de RAE ou de toute autre documentation:

François de Vargas

Président de RAE

28 Ch. de Bellevue

1005 Lausanne

e-mail: devargasf@bluewin.ch