Nos activités

 

Programme de thérapie : Depuis la création du Centre SOHRAM-CASRA, nous avons accueilli 2’984 victimes, femmes, hommes et enfants ayant subi la torture, victimes de la guerre ou traumatisés par le vécu douloureux de leurs parents.

L’objectif de ce programme, en plus de la réhabilitation physique et psychologique, est de permettre la réadaptation dans la société des victimes de la torture, de la violence, de l’émigration forcée ainsi que de leurs familles.  Ce projet vise aussi à aider à la réhabilitation et réadaptation à la vie quotidienne des victimes de violences intrafamiliales.

SOHRAM offre aux patients ayant subi les traumatismes de la torture une prise en charge psychothérapeutique individuelle. Nos spécialistes ont en effet constaté que ces patients (les femmes sont plus sensibles à cette question) sont, d’une part, d’une grande fragilité à laquelle nous sommes très attentifs, et que, d’autre part, ils s’investissent très difficilement dans les thérapies de groupe, en raison de facteurs psychologiques et culturels. L’écart des résultats obtenus entre la psychothérapie individuelle et la psychothérapie de groupe est significatif, donc le choix de la méthode se justifie pleinement. Les patients viennent à une consultation par semaine auprès de nos psychologues, pendant au moins 6 mois.

Dans notre région, vu sa position géographique et sa composition ethnique, la violence socio-politique présente un danger réel pour la santé mentale.

En Turquie et surtout dans la région du Sud-est, la torture est encore pratiquée lors de l’interrogatoire de suspects. En effet, notre région a connu plusieurs périodes de violence entre 1979 et 2016. C’est pourquoi les victimes ont besoin d’un centre comme le nôtre pour leur venir en aide.

La violence intrafamiliale est liée à la mentalité culturelle et à la structure coutumière qui sont très rigoureusement appliquées et qui provoquent chez les victimes des dommages aussi graves que la torture.

Finalement, dans notre région, au sein des partis politiques, les membres subissent parfois des violences, des mauvais traitements et beaucoup de pressions psychologiques, mais, comme personne n’en parle ni ne cherche à y remédier, les dégâts chez les victimes sont plus profonds.

Notre projet vise à implanter dans la structure de la société l’idée que la violence, d’où qu’elle provienne, est contraire aux droits humains et qu’il est nécessaire de la combattre. Ces notions sont encore absentes dans la société, c’est pourquoi, chaque année, le nombre des victimes de violences atteint des chiffres considérables qu’il est difficile d’identifier avec précision. La majorité de ces victimes n’ont aucun soutien, ce qui contribue à aggraver leur situation et à encourager les auteurs de cette violence.

Les assistants sociaux assurent le suivi des traitements offerts et veillent à ce que les patients soient bien traités. Ils s’occupent aussi de chercher du travail pour les personnes sans emploi afin de leur permettre de retrouver une place active dans la société. Notre avocate bénévole apporte aux victimes une aide juridique dans toutes sortes de problèmes.

Les frais de médicaments, les déplacements et de suivi chez nos médecins et nos psychologues sont assurés par notre centre.

Notre projet a pour but d’offrir des services à toutes les victimes de la torture et de la violence. Nous sommes conscients du fait que, dans notre région, le nombre des victimes de la torture et de la violence est énorme. Nous pouvons leur apporter un soutien dans la mesure de nos capacités. Ainsi, nous visons à offrir des services à 150-200 personnes par an.

Programme Aide aux réfugiés : Depuis l’automne 2013, SOHRAM s’efforce de les aider en obtenant pour eux de l’alimentation ou un hébergement gratuits, en offrant des cours de turc pour enfants et adultes, en procurant des soins médicaux aux malades et en scolarisant les enfants. Plusieurs milliers de personnes ont bénéficié de cette aide, fournie sans distinction de race, de religion ou de secte.

Une attention particulière est accordée aux bébés et une récolte de lait a été organisée pour eux. Entre 300 et 350 bébés reçoivent chacun 4 litres de lait par semaine.

Les cours de turc destinés aux réfugiés arabophones de Syrie et d’Irak, commencés le 7 décembre 3013, sont suivis par 152 élèves, 4 heures par semaine ; s’y sont joints 39 élèves en 2014, 84 en 2015 et 78 en 2016. À ce jour 353 réfugiés ont bénéficié nos cours, qui facilitent les contacts avec l’entourage et la recherche de travail.

Nous avons suscité la création d’un Comité des réfugiés, que nous soutenons, afin d’améliorer l’aide qui leur est destinée. Ce comité est composé de jeunes Syriens et bénévoles de SOHRAM qui ont suivi nos séminaires « Nous sommes comme les autres les autres sont comme nous » ainsi que des cours de langue turque.

Le but de ce Comité est le suivant ;

  • Organiser la distribution de l’aide aux réfugiés.
  • Informer sur l’importance de rester proche des frontières dans la perspective d’un retour au pays.
  • Protéger et accroître l’espoir d’un retour des réfugiés dans leur pays.
  • Informer sur les dangers de l’émigration clandestine vers l’Europe.
  • Susciter une vision et une mentalité sans violence.
  • Créer un réseau entre les réfugiés et organiser des réunions dans le centre pour favoriser le développement de la solidarité entre eux.

C’est un projet à long terme que nous devons maintenir – et qui doit être soutenu financièrement.

Malgré les moyens modestes dont nous disposons, notre centre est devenu un lieu de rencontre pour les réfugiés Syriens.

Programme Soutien éducatif pour les enfants victimes de la violence : Les objectifs et buts de ce Programme sont d’apporter un soutien aux enfants qui n’ont pas pu être scolarisés en raison de leur situation sociale et économique défavorable engendrée par la terreur et la guerre.

Nous avons élaboré ce programme afin d’intervenir et d’apporter notre soutien sur le terrain. Notre cherchons à soutenir directement les personnes affectées par le déplacement forcé due au climat de terreur et à la guerre.

Nous nous efforçons d’aider les écoliers pour l’acquisition du matériel scolaire dont ils ont besoin, d’apporter une aide financière journalière, sous forme de bourses d’étude, ainsi qu’une aide psychologique et, en cas de besoin, d’offrir une psychothérapie.

Durant la décennie écoulée, il a permis à bon nombre de jeunes de poursuivre leurs études ou de trouver du travail, et de se réintégrer dans la société. Grâce à SOHRAM, depuis le début du projet en l’an 2000 :

  • 2’508 enfants ont pu continuer et terminer leur scolarité
  • 216 jeunes ont réussi à entrer à l’université, et 57 étudiants ont terminé leurs études universitaires. Actuellement, 159 étudiants immatriculés dans différentes universités de Turquie sont des jeunes que SOHRAM a scolarisés ou re-scolarisés, ou soutenus de manière suivie depuis l’école primaire ou secondaire ou le lycée. 57 étudiants ont obtenu leur diplôme universitaire d’enseignement. 23 d’entre eux enseignent bénévolement au Centre SOHRAM.
  • 236 femmes ont suivi des cours d’alphabétisation.
  • Actuellement 162 élèves suivent notre programme d’éducations. 46 d’entre eux sont Syriens.

Service d’aide juridique : Une avocate travaille bénévolement dans notre service juridique. Ainsi, nous pouvons offrir des conseils juridiques gratuits aux victimes de la torture et autres violences qui viennent déposer leur dossier à SOHRAM. En 2016, 67 réfugiés syriens et 14 autres victimes de la torture et de la violence, au total 81 personnes, ont bénéficié de ces consultations juridiques.

En outre, notre avocate donne des séminaires aux étudiants et aux femmes sur les droits de l’enfant et de la femme.

Dialogue interculturel et interreligieux – Communication : Arc-en-ciel : Depuis cinq ans, SOHRAM organise des rencontres interculturelles (fêtes où chaque ethnie présente des chants et des danses), et interreligieuse sous le nom : « Avec nos couleurs culturelles et religieuses, nous formons un Arc-en-ciel dans notre pays ». Des musiciens ont chanté dans les 11 langues parlées en Turquie (Turc, Kurde, Arabe, Arménien, Syriaque, Zaza, Géorgien, Laz,  Roum, Grec, Azerbaïdjanais). Les chœurs de l’Eglise orthodoxe syriaque et de l’Eglise catholique chaldéenne ont chanté en syriaque. Puis le chœur de l’église Syriaques, le groupe de Sema des Alévis et les derviches tourneurs sont montés sur scène ensemble en signe de fraternité, d’égalité et d’union des religions. (Voir www.sohram.com) Chrétiens, sunnites, alévites et un nombreux public ont participé à Arc-en-Ciel.

Dialogue interreligieux : Depuis 2004, le directeur de SOHRAM, se rend avec tout un groupe de musulmans à l’église Syriaque Sainte Marie de Diyarbakir, le jour de Noël et le jour de Pâques, pour saluer la communauté chrétienne.

Autres manifestations : Journée mondiale des Nations Unies contre la torture (26 juin) : Le 12 juin 2016 s’est tenu notre seizième pique-nique annuel, avec le thème   » Solidarité avec les réfugiés, victimes de la guerre en Syrie « . Environ 800 personnes y ont participé en famille, dont des dizaines de victimes de la violence. (Voir www.sohram.com).

Education à la paix : D’année en année, les séminaires réguliers, commencés en 2004 avec 7 à 10 participants sous le titre « LES AUTRES SONT COMME NOUS – NOUS SOMMES COMME LES AUTRES » rencontrent un succès grandissant. Les thèmes traités sont : les 3 religions monothéistes, l’ouverture aux différentes cultures et religions, la promotion de la tolérance, du respect de l’autre et de l’égalité. Gratuits, ces séminaires sont ouverts à tous, jeunes ou adultes, à raison de 4 heures par semaine. 159 personnes y ont participé en 2016. Depuis 2004, année où ils ont commencé, jusqu’à présent, 1’156 personnes ont participé à ce séminaire.

Service social – Réintégrer dans la société les victimes de diverses violences est un travail de longue haleine qui ne peut pas se limiter à l’éducation et aux soins médicaux et psychologiques. Il doit donc être complété par un certain nombre d’aides d’ordre social.

Une assistante sociale, épaulée par une dizaine de volontaires, visite les familles et les classes d’école des enfants aidés par SOHRAM, afin de dépister assez tôt les problèmes (de santé, psychologiques, sociaux, administratifs…) et trouver une solution.

  • Le même service aide des réfugiés, jeunes et moins jeunes, dans la recherche de places de travail et d’apprentissage. À ce jour, il a procuré quelques centaines d’emplois et de places d’apprentissage.
  • Ce service gère également la boutique de vêtements et accessoires ménagers de seconde main, qui se trouve aussi dans notre Centre. En 2016, 8’986 personnes ont apporté des vêtements et autres objets courants usagés : au total ce sont presque 41’700 objets divers qui ont été distribués en plus de 200 jours et dont 14’824 ménages ont bénéficié, comme les années précédentes.

Actuellement nous avons 6 personnes salariées et 86 bénévoles.

SOHRAM-CASRA travail avec les organisations internationales suivant ;

  • IRCT / International Réhabilitation Council for Torture Victims (IRCT) Copenhagen
  • OMCT – Organisation mondiale contre la torture, Genève
  • Amnesty international Section Suisse
  • ACAT-Suisse – Action des chrétiens pour l’abolition de la torture – Berne