Rapport d’activités 2017

SOHRAM – CASRA

Centre d’Action Sociale, de Réhabilitation et de Réadaptation pour les Victimes de la torture et de la violence / Diyarbakir, Turquie

Rapport d’activités 2017

Informations générales sur le Centre sohram-casra ………… 2    
Evénements marquants de 2017 et Activités de SOHRAM-CASRA              3-7 poTurquie ……………………………….    
Programme de soutien éducatif…………………………………………………        8    
Programme de thérapie ……………………………………………………….     8-9    
Infrastructures et prestations communes……………………………..      10    
Les organisations qui soutiennent SOHRAM CASRA … 11    
Comment soutenir SOHRAM-CASRA…………………………..11    
     

INFORMATIONS GÉNÉRALES SUR LE CENTRE SOHRAM-CASRA

Le Projet SOHRAM/CASRA « Egalité et solidarité humaines » existe depuis 2000 à Diyarbakir/Sud-est de la Turquie. C’est une organisation sans but lucratif, communautaire et non gouvernementale. Deux principes fondamentaux régissent en permanence les activités du Centre : Rester indépendant de toute organisation politique et Rejeter l’emploi de toute violence. Une attention particulière est accordée aux victimes de la guerre, de la torture, aux victimes de discriminations fondées sur la religion, aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées.  SOHRAM a été le premier centre de la région ouvert à tous, et reste le seul à ce jour, à offrir des services et des psychothérapies en langues arabe, kurde, syriaque et turque à ces victimes. Le but principal de SOHRAM-CASRA à Diyarbakir est, dès l’origine, la réintégration des victimes de la torture, de la violence et des réfugiés de la guerre. Initiative locale, qui fait appel aux forces locales, le Centre veut rétablir, avec des moyens modestes, la dignité de l’être humain, en aidant les victimes de la torture, de la guerre, des troubles sociaux, de la violence familiale, du harcèlement sexuel. SOHRAM a développé un programme de dialogue interculturel et interreligieux, et s’efforce de favoriser des rencontres entre toutes les populations, les minorités ethniques, ainsi qu’entre les religions, en particulier entre les chrétiens (Syriaques, Arméniens), les musulmans et les alévis. SOHRAM considère que la réhabilitation des victimes et leur réadaptation sociale sont des éléments indissociables d’un projet complet. Grâce à une complémentarité de l’aide sur les plans physique, psychique et social, les personnes qui bénéficient de nos services pourront réintégrer la société comme individus libres et autonomes. La spécificité de SOHRAM est de faire un travail global comprenant : éducation, thérapies, approche interculturelle et interreligieuse et aide aux réfugiés. En effet, une psychothérapie ne sert à rien si l’on ne trouve pas de travail et il ne sert à rien de recevoir une couverture, quand on est réfugié(e), si on ne trouve pas un lieu où vivre et si les mentalités ne changent pas. Si l’un de ces programmes ne peut pas être réalisé, c’est tout le concept de SOHRAM qui s’écroule. Il importe de renforcer l’espoir des victimes par la solidarité et de les encourager à se réorganiser. L’accueil des réfugiés, et le dialogue inter-ethnique et inter-religieux font aussi partie de cette vision globale. On a souvent dit que le travail pour la paix n’était possible que si les mentalités changeaient. SOHRAM devra donc intensifier son travail dans ces domaines, participant à un effort général de « peace-building » Pour atteindre nos objectifs, nous avons mis sur pied les programmes suivants :

  • Soutien éducatif pour les enfants victimes de la violence (guerre – conflit interne – torture – violence familiale etc.)
  • Aide aux réfugiés et aux victimes du conflit interne (aide sociale, distribution de lait pour les bébés, recherche de travail, distribution d’habits neuf et de seconde main, de denrées alimentaires de première nécessité aux réfugiés de la guerre, conseil)
  • Aide juridique (consultations et préparation de dossiers)
  • Thérapie pour les victimes traumatisées, aide médicale (consultations et médicaments gratuits)
  • Dialogue interculturel et interreligieux / communication,
  • Résolution pacifique des conflits et éducation à une culture de la non-violence, promotion et défense des droits humains en général le tout complété, au besoin et selon les possibilités, par divers appuis
 
 
       

Activites de sOHRAM pOur les refugies, pour la paix et contre la violence

Les événements récents survenus dans notre région (Sud-est de la Turquie) et au Moyen Orient, et notamment l’afflux de réfugiés venus de Syrie et d’Irak ont donné à la mission de SOHRAM une importance accrue. La guerre civile qui dure depuis 6 ans en Syrie s’est transformée en guerre « par procuration » d’autres États. La situation s’est exacerbée, réduisant les perspectives de paix, et les réfugiés ont connu le désespoir en 2017. En Turquie même, la montée de l’islamisme, qui tend à condamner ceux qui n’adhèrent pas à une certaine façon d’interpréter l’islam, a favorisé un climat de haine ethnique et religieuse. Depuis le 15 juillet 2016 l’effet de la tentative de coup d’Etat fomenté par un groupe militaire, le conflit entre le PKK et le gouvernement turc et l’état d’urgence en vigueur depuis le 21 juillet 2016 continuent de rendre nos conditions de travail considérablement plus difficiles

Bilan de l’Etat Urgent Le 01 janvier- 31 décembre 2017

Description Nombres de personnes
Nombre de décès dus à la confrontation entre PKK et force étatique, lors des opérations militaires et policières   Environ       4’768
Nombre de blessés       Environ       1’278
Nombre de détenus (PKK, DHKPC, Guleniste etc.) Environ     36’826
Nombre de personnes arrêtées Environ      23’648
Nombre de résiliations de contrats de travail Environ     18’536
Délai de garde à vue sous l’état d’urgence 30 jours

Nouvelles missions de SOHRAM : SOHRAM, du fait des facteurs mentionnés ci-dessus, se trouve face à de nouvelles tâches. Celles-ci dépassent de beaucoup les capacités dont disposait jusqu’à présent la petite équipe composée du directeur du Centre, des psychothérapeutes, de l’assistante sociale et d’une dizaine de bénévoles (juriste, enseignants, etc.). Récemment, les attaques à caractère discriminatoire, empreintes de haine ethnique, et visant personnellement Yavuz Binbay, se sont multipliées, venant de milieux racistes. Situation dans les prisons – Selon le ministère de la Justice, un total de 228’926 prisonniers sont détenus dans des prisons de Turquie, dont 2’836 sont des mineurs (moins de 18 ans). Torture : La torture psychologique et la torture physique tendent à revenir comme avant 2012. Selon les témoignages des victimes, d’ anciennes méthodes de torture sont à nouveau pratiquées : chocs électriques, falaka (une forme de torture qui consiste à frapper à coups de bâton ou de matraque la plante des pieds de la victime, etc.), estrapade (qui consiste à attacher les bras de la victime par des cordes, à la hisser au haut d’un poteau ou au plafond avec une poulie, parfois avec des poids suspendus à ses pieds et à la relâcher brutalement), l’arrachement par petites touffes des cheveux et de la barbe, la privation de nourriture, le matraquage de toutes les parties du corps, etc.  Mais les tortures psychologiques (comme les menaces, les injures, la privation de sommeil, la prolongation de la durée des interrogatoires, etc.) sont les plus fréquentes. Meurtres de femmes – Selon des nouvelles diffusées par les médias, en 2017 les meurtres de femmes ont connu un taux d’augmentation de 18’5 %. En 2017, 409 femmes ont été tuées¨, pour diverses raisons : divorce, séparation, rejet et jalousie, effets de la crise, chômage, Certaines ont reçu l’ordre de se suicider, l’une d’elles parce qu’elle voulait protéger son enfant, d’autres par décision du conseil de famille, ou en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Certaines ont été tuées après avoir été violées, d’autres encore pour des raisons inconnues. En 2017, 387 enfants ont été victimes d’abus sexuels et 332 femmes ont subi des violences sexuelles. Cependant, il n’y a toujours pas de données statistiques claires. Problèmes spécifiques des réfugiés dans la région de Diyarbakir : Avec l’aggravation de la guerre civile en Syrie, soit depuis 2012, et les exactions commises par les terroristes de l’EI (Daesh) en été 2014, les réfugiés ont afflué en Turquie, notamment à Diyarbakir qui est proche des frontières syrienne et irakienne. Le gouvernement turc donnait en novembre 2017 le chiffre de trois millions et demi de réfugiés en Turquie, un nombre sûrement inférieur à la réalité. Seuls 260’000 sont hébergés dans des camps ouverts par le gouvernement et par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Ces camps sont souvent contrôlés par des groupes islamistes, ce qui rend la vie des chrétiens, des Yézidis, des Alévites, etc. encore plus difficile. Ceux qui ne sont pas hébergés dans des camps, soit environ 90 % des réfugiés en Turquie, doivent se débrouiller, chercher n’importe quel travail, demander l’hospitalité, coucher dans la rue, mendier. Les plus fortunés essaient de fuir la Turquie. On estime à 80’000-100’000 le nombre de réfugiés à Diyarbakir. Comme dans tout pays qui connaît un afflux massif de réfugiés, la population locale manifeste une hostilité croissante envers eux. Se pose en outre la question de la langue : ces réfugiés parlent en général arabe, langue qui n’est parlée que par une minorité de Turcs ; quelques-uns parlent kurde et ont plus de chance de se faire comprendre dans les régions majoritairement kurdes de Turquie et de trouver de petits emplois. L’inquiétude augmente à l’approche de l’hiver qui peut être très froid dans cette région. Les plus malheureux sont les malades, les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, celles et ceux qui appartiennent à des minorités religieuses. SOHRAM a fait des déclarations à la presse pour, d’une part, appeler à la fin des hostilités en Syrie, et à réagir face aux discours racistes tenus à l’encontre des réfugiés et, d’autre part, sensibiliser l’opinion aux besoins de ceux-ci. Certains milieux ont essayé d’attiser les sentiments chauvins alimentés par les conflits ethniques. Certaines provocations de la part de Kurdes, Turcs, Arabes et autres minorités ethniques et religieuses ont suscité une colère sans précédent.

Les activités de SOHRAM en 2017

Aide aux réfugiés syriens en 2017 : SOHRAM ne peut et ne veut pas fermer les yeux sur l’immense misère de ces réfugiés Syriens. Depuis l’automne 2013, SOHRAM s’efforce de les aider en obtenant pour eux des produits alimentaires ou un hébergement gratuit, en offrant des cours de turc pour les enfants et les adultes, en procurant des soins aux malades et en scolarisant les enfants. Des milliers de personnes ont bénéficié de cette aide fournie sans distinction d’appartenance ethnique ou religieuse ou de sexe. Grâce à votre soutien, nous avons pu aider en 2017 au moins à une partie des victimes de la guerre :

  • Une attention particulière a été accordée aux bébés et la collecte devant permettre de distribuer 4 litre de lait et 1 kilo de farine de riz par semaine à chacun des 332 petits bénéficiaires se poursuit.
  • Distribution de 150 couvertures, 60 appareils de chauffage électrique, 30 matelas aux réfugiés.
  • 15’326 personnes ont bénéficié de notre boutique de seconde main
  • 52 personnes ont reçu une aide juridique,
  • 184 familles reçoivent des aides alimentaires
  • 368 familles ont été suivies par notre assistante sociale. Notre service social a trouvé 34 postes de travail.
  • 68 réfugiés arabophones se sont inscrits à des cours de turc, ce qui contribue à faciliter les contacts avec l’entourage et la recherche de travail. 48 personnes reçoivent une aide pour leurs frais de transport.
  • 46 enfants de réfugiés sont intégrés dans notre programme de scolarisation. Ils peuvent alors fréquenter l’école publique, ce qui est très important pour leur futur !

Un Comité de réfugiés s’est créé, avec le soutien de SOHRAM, en vue d’améliorer l’aide qui leur est destinée. Ce Comité a organisé 4 réunions avec les réfugiés et défini son but comme suit : « Avec le soutien de SOHRAM, nous organiserons des réunions au Centre SOHRAM pour informer nos compatriotes, protéger et faire grandir en eux l’espoir qu’un jour le retour dans notre pays sera possible. ». Ses activités contribuent à :

  • Organiser la distribution de l’aide aux réfugiés.
  • Fournir des informations sur l’importance de rester proche des frontières en vue du retour au pays. Nous sommes des millions de réfugiés Syriens (Arabo-Syriaque, Kurdes, Arméniens, Musulmans, Chrétiens, Alévis, etc.) en Turquie et dans le monde et cherchons protection contre la barbarie de la guerre, comme tous les Syriens en quête d’un lieu où leur famille puisse vivre en sécurité et loin de la guerre. Mais nous savons que si nous nous éloignons des frontières de notre pays, nous le perdrons. Nous vous appelons instamment à rester proches de nos frontières. Notre pays existe encore, mais la barbarie d’une guerre menée par des étrangers nous a obligés à le quitter. Cette guerre n’est pas la nôtre, c’est celle d’étrangers, presque une guerre mondiale. Nous disons aux jeunes Syriens : refusez de participer à cette guerre cruelle, qui n’est pas la nôtre.
  • Protéger et accroître l’espoir et encourager le retour des réfugiés dans leur pays.
  • Fournir des informations sur les dangers de l’émigration clandestine vers l’Europe. Chaque jour on apprend que des dizaines et même des centaines de réfugiés meurent en Méditerranée. Nous nous efforcerons d’expliquer à nos compatriotes les dangers de cette émigration et de leur faire prendre conscience que l’exil en Europe n’est pas une libération, mais une autre forme de souffrance. La seule liberté sera dans notre pays sans guerre.
  • Susciter une vision et une mentalité sans violence. Grâce au précieux soutien de SOHRAM nous avons pris conscience de la réalité multiculturelle et pluri-religieuse de notre pays et sommes convaincus qu’elle doit être laïque. Nous sommes tous des êtres humains et devons vivre ensemble, Arabo-Syriaque, Kurdes, Arméniens, Musulmans, Chrétiens, Alévis…etc. dans l’égalité, la fraternité et la paix. Nous demandons que des solutions aux problèmes de la Syrie soient recherchées dans le dialogue et non par les armes, par des processus démocratiques et entre Syriens. Pour pouvoir mener ce dialogue entre nous, nous appelons tous les mouvements étrangers non originaires de Syrie à quitter notre pays.
  • Créer un réseau entre les réfugiés et organiser des réunions dans le Centre pour favoriser le développement de la solidarité entre eux.»

C’est un projet à long terme que nous devons maintenir – et soutenir financièrement. Malgré notre budget modeste, notre Centre est devenu pour les réfugiés Syriens un lieu de rencontre, un signe d’espoir pour eux comme pour les victimes de la torture et de la violence. Nous avons besoin de votre aide pour continuer à les aider. Votre soutien sera une lueur d’espoir pour un bébé, un enfant ou une personne âgée et pour une victime de la torture et de la violence.    Sohram distribue une aide d’urgence : alimentation et 4 litres de lait par semaine pour chaque bébé Notre programme pour les réfugiés contribue à créer pour l’avenir un contact durable entre SOHRAM et les réfugiés, pour le jour où jour ils rentreront en Syrie. Conflits internes : Malheureusement en 2017 le conflit s’est exacerbé entre le PKK, les Gulenistes, le DHKPC et l’Etat turc. En raison de ce conflit interne, un climat de violence s’est instauré. Le PKK utilise des voitures piégées et des kamikazes. L’Etat poursuit ses opérations contre les forces du PKK, en province par les forces spéciales de l’armée, et dans les villes par les unités spéciales de la police.  Selon les déclarations officielles diffusées par les médias, environ 4’768 personnes sont mortes, environ 1’278 autres ont été blessées et environ 36’826 ont été mises en garde à vue et environ 23’648 d’entre eux ont arrêtées et incarcérées. Environ 500’000 personnes ont été obligées de quitter leur domicile. En réalité personne ne connaît les chiffres exacts. Cette année encore de nombreux jeunes de moins de 18 ans ont été forcés à prendre part au conflit, ce qui, selon la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, constitue une violation des droits de l’homme ainsi que des Conventions de Genève que nous tenons à dénoncer. Nous appelons ceux qui détiennent ces mineurs à les remettre inconditionnellement à leurs familles. Nous appelons les institutions de l’Etat, à respecter scrupuleusement les normes juridiques nationales et internationales. Depuis le 4 novembre 2016, 26 députés et 62 maires du parti HDP ont été mis en garde à vue et 18 d’entre eux, ainsi que les 62 maires ont été incarcérés. 9 députés et 4 maires ont été libérés par la suite. Aide aux déplacés internes : Les organismes gouvernementaux (provinciaux et municipaux) ne parviennent pas à gérer cette crise et ont été incapables de fournir le soutien nécessaire (abri, alimentation etc.) à ceux qui doivent quitter leur foyer pour des raisons de sécurité. Pour répondre à ce problème, en 2017 aussi, SOHRAM a mobilisé ses modestes moyens, malheureusement insuffisants en raison de l’ampleur du problème. Nous offrons aux déplacés internes la même aide d’urgence qu’aux autres réfugiés.

Autres activités de SOHRAM

Thérapie artisanale (céramique) : Sohram et les universités Dumlupınar et Gazi ont collaboré pour mettre sur pied des sessions de thérapie artisanale (cours de céramique) pour les victimes de la migration, de la guerre et de la torture. Elles ont connu un grand succès. D’une durée 5 jours, ces sessions on accueilli 26 victimes de la guerre et de la torture. Elles ont été animées par des enseignants des universités de Dumlupinar et de Gazi (Birnaz Er, Zeliha Dasrikaya Hünerel, özkanTokaç, Nurife Aydogdu, Fikret Aydogdu, Tugçeçevik et Aynurözer) et des psychologues de SOHRAM-CASRA. Cette année, nous avons accueilli deux personnes venues collaborer à nos activités : la chercheuse en anthropologie Titiana Diniz, d’Espagne, et Sirma Kaya, psychologue stagiaire, d’Autriche. Après son retour en Espagne Titiana Diniz, a organisé, avec la photographe Estella de Castro, une exposition de photos pour soutenir SOHRAM. Education à la paix : D’année en année, les séminaires réguliers, lancés en 2004 avec 7 à 10 participants sous le titre « LES AUTRES SONT COMME NOUS – NOUS SOMMES COMME LES AUTRES », rencontrent un succès croissant. Les sujets traités sont : un cours sur les 3 religions monothéistes, l’ouverture aux différentes cultures et religions, la promotion de la tolérance, du respect de l’autre et de l’égalité. Gratuits, ces séminaires sont ouverts à tous, jeunes ou adultes, à raison de 4 heures par semaine. 146 personnes les ont suivis en 2017. Depuis 2004, année où ils ont commencé, et jusqu’à présent, 1’626 personnes ont participé à ces séminaires. Dialogue interreligieux : Depuis 2002, Yavuz Binbay, directeur de SOHRAM, se rend avec tout un groupe de musulmans à l’église syriaque Sainte Marie de Diyarbakir le jour de Noël et le jour de Pâques, pour célébrer ces fêtes avec la communauté chrétienne (syriaque, arménienne et chaldéenne). C’est maintenant devenu une sorte de tradition pour SOHRAM. Célébration de Pâques 2017 : fidèles à l’initiative lancée voici 15 ans pour la fête de Pâques, nos jeunes ont invité leurs camarades d’école et ceux de leurs quartiers à participer le 15 avril 2017 à une « fête de la décoration des œufs ». Ce jour-là, nos jeunes et leurs amis se sont réunis au Centre SOHRAM pour teindre et décorer les œufs de Pâques Cette année encore, les dames bénévoles de SOHRAM ont confectionné des gâteaux pour leurs frères et sœurs syriaques. . Le 16 avril, nous nous sommes tous rendus à l’église syriaque où les enfants ont apporté les œufs qu’ils avaient décorés ainsi que les gâteaux. Nous nous efforçons ainsi de renforcer le lien de fraternité créé entre les jeunes et les bénévoles de SOHRAM et les communautés syriaque et arménienne de Diyarbakir. Le directeur de SOHRAM, Yavuz Binbay s’est adressé à l’assemblée en rappelant l’engagement de SOHRAM envers les communautés syriaque et arménienne : « Malgré les menaces racistes, nous n’accepterons jamais … que se reproduisent les tristes évènements de 1915… Nous continuerons à célébrer les fêtes de Noël et de Pâques avec vous, en signe de fraternité et de protection. ». Il a émis le vœu que cette fête, symbole de vie, soit celle de tous les croyants et que sa joie illumine chrétiens et musulmans et il a conclu : « Frères et sœurs, je vous souhaite joyeuses Pâques ! » Célébration de Noël et de Pâques 2017 : SOHRAM a fêté Noël et Pâques avec la communauté syriaque de Diyarbakir. Les graines que Sohram a semées, ont fleuri lors des célébrations de Pâques et de Noël 2017. Nous étions ensemble, chrétiens orthodoxes, catholiques et protestants, musulmans sunnites, alévis, Syriaques, Arméniens, Kurdes, Arabes, sous la lumière de Pâques et de Noël. Grâce à l’intermédiaire de SOHRAM ces fêtes célébrées ensemble par les différentes religions et ethnies, sont devenues une coutume. Le 24 décembre 2016 nous avons réuni comme d’habitude des enfants que SOHRAM soutient, ainsi que leurs familles. Ce sont en majorité des enfants victimes de la guerre en Syrie ou affectés par la violence du conflit actuel entre le PKK et l’Etat Turc. Nous leur avons distribué quelques petits cadeaux et leur avons expliqué la signification de Noël. Mgr Saliba Ozmen, métropolite du monastère de Deir al-Zafaran, et Yavuz Binbay souhaitent continuer à cultiver pour les générations futures cette précieuse fraternité. Visite au métropolite et au monastère de Deir al-Zafaran à Mardin avec des volontaires de SOHRAM         Autres célébrations : Journée mondiale des Nations Unies contre la torture (26 juin) : Nous avons placé notre campagne du 26 juin, journée internationale contre la torture, sous le mot d’ordre : « SOLIDAIRITÉ AVEC LES RÉFUGIÉS SYRIENS, LES VICTIMES DE LA GUERRE, DU CONFLIT INTERNE ET DE LA TORTURE ». Cette année aussi, nous avons distribué aux participants la brochure sur « Les règles juridiques de la détention en Turquie et les droits juridiques des détenus ». Le matin du 25 juin 2017, des enfants ont lancé des cerfs-volants sous les murailles de la vieille ville de Diyarbakir, comme chaque année, pour protester contre la torture, la guerre et la violence sous toutes ses formes. Les enfants ont aussi écrit leurs souhaits et ont fait flotter ces messages sur les eaux du Tigre. Le 26 Juin, notre service de psychothérapie a organisé deux séminaire sur : « Les enfants et les femmes dans les conditions de vie de la guerre et de la migration» et « Les règles juridiques de la détention en Turquie. Les droits juridiques des détenus. Comment se protéger contre la torture et la violence ?». Ces séminaires, ouverts au public, ont eu lieu dans notre salle du Centre.

PROGRAMME DE SOUTIEN ÉDUCATIF

Ecoliers syriens dans la salle de cours                                    Réfugiés participant au cours de langue au Centre   Ce programme, qui existe depuis la fondation de SOHRAM, n’a pas pour but de se substituer à l’école publique, qui demeure d’excellente qualité. Mais étant donné qu’elle est obligatoire sans être tout à fait gratuite, SOHRAM aide les enfants de familles démunies, victimes de la torture et de violences, ou réfugiées, victimes de la guerre, afin qu’ils puissent fréquenter l’école publique, puis accéder à une formation leur offrant une perspective d’avenir. Les critères de prise en charge de SOHRAM sont bien définis : la famille ne doit pas être en mesure de payer elle-même la scolarité de l’enfant. Pour chaque enfant qui demande l’admission, nous constituons un dossier. Notre projet éducatif, durant la décennie écoulée, a permis à bon nombre de jeunes de poursuivre leurs études ou de trouver du travail, et les a ainsi aidés à s’intégrer dans la société. Depuis le début du projet en l’an 2000 :

  • 1’508 enfants ont pu, grâce à SOHRAM, continuer et terminer leur scolarité
  • 216 jeunes ont réussi à entrer à l’université, et 59 d’entre eux ont terminé leurs études. Actuellement, 163 étudiants immatriculés dans différentes universités de Turquie sont des jeunes que SOHRAM a scolarisés ou re-scolarisés, ou soutenus de manière suivie depuis l’école primaire ou secondaire ou le lycée. Sur les 59 étudiants qui ont obtenu leur diplôme universitaire d’enseignement, 23 enseignent bénévolement au Centre SOHRAM.
  • 236 femmes ont suivi des cours d’alphabétisation.
  • Actuellement 162 jeunes suivent notre programme éducatif, dont 46 Syriens.
  • 104 élèves suivent les cours de turc pour réfugiés arabophones de Syrie et d’Irak, à raison de 4 heures par semaine. Depuis le 7 décembre 2013 et jusqu’à ce jour 457 réfugiés ont bénéficié de ces cours qui facilitent les contacts avec l’entourage et la recherche de travail.

Pour les jeunes qui ont achevé leur scolarité obligatoire, mais ne savent pas encore ce qu’ils pourraient faire dans la vie, le service social de SOHRAM cherche soit une possibilité de formation professionnelle, soit une place de travail. Notre service social et le service de psychothérapie ont coordonné plusieurs réunions avec les familles des étudiants sur la communication intrafamiliale et la santé psychologique. Jour après jour, nous voyons enfants et jeunes retrouver la confiance en eux-mêmes et dans la collectivité. Ils voient des perspectives d’avenir pour leur vie et deviennent capables de prendre leurs responsabilités.

PROGRAMME DE THéRAPIE

Nous avons déjà évoqué la tragique recrudescence de la torture et de la violence. Dans une région où la situation géopolitique et culturelle véhicule diverses formes de violence, parfois latentes, parfois manifestes, les effets se font sentir à tous les niveaux de la société. Ces formes de violence peuvent constituer un danger pour la santé mentale d’une personne. L’année 2017, a vu le nombre des arrestations croître dans des proportions astronomiques, avec l’impression que les interrogatoires sont utilisés comme méthode de torture, où d’anciennes formes de torture sont pratiquées. Un Centre unique : Jusqu’à présent SOHRAM-CASRA reste le premier et le seul organisme de la région offrant un traitement psychothérapeutique gratuit pour les personnes traumatisées. Notre centre est le seul qui offre des services en langues arabe, kurde, syriaque à des réfugiés syriens et irakiens. SOHRAM propose aux patients souffrant de traumatismes une prise en charge individuelle par l’un de nos 3 psychothérapeutes. Nos spécialistes ont en effet constaté que ces patients sont, d’une part, d’une grande fragilité, et que, d’autre part, ils s’investissent très difficilement dans des thérapies de groupe, en raison notamment de facteurs psychologiques et culturels. L’écart entre les résultats obtenus par la psychothérapie individuelle et la psychothérapie de groupe est significatif et justifie le choix de notre méthode. Bilan de notre projet de thérapie : Depuis la création du Centre SOHRAM-CASRA, nous avons accueilli 3’312 victimes, femmes, hommes et enfants ayant subi la torture, victimes de la guerre ou traumatisées par le vécu douloureux de leurs parents. Quelques informations et chiffres concernant nos patients : En 2017, 152 victimes de tortures, de maltraitances et de la guerre nous ont demandé de l’aide : la plus jeune avait 12 ans et les plus âgés 76 ans. On peut statistiquement les répartir selon les critères du tableau suivant :

      Nombre de personnes
Critère 1 Origine ethnique Arabes 53
    Turcs 12
    Kurdes 67
    Zazas 16
    Syriaques 4
       
Critère 2 Âge des demandeurs Plus de 18 ans 123
    Moins de 18 ans 29
       
Critère 3 Causes de maltraitance Politiques 58
    Délits de droit commun 3
    Violences intrafamiliales 38
    Autres causes (victimes de la guerre) 53
       
Critère 4 Lieux où la violence a été Commissariats de police 61
  infligée aux victimes Postes de gendarmerie
    Au sein de la famille 38
    Autres lieux (victimes de la guerre) 53
       
Critère 5 Sexe des victimes Femmes 89
    Hommes 63

Tous les services médicaux et thérapeutiques qu’offre SOHRAM-CASRA à ses patients sont gratuits. Nous insistons ici encore une fois sur le fait que les demandes de thérapie continuent malheureusement à augmenter, dépassant fortement les capacités de nos services et nos possibilités financières ! Malgré la situation précaire en 2017, nous avons pu offrir des soins de réhabilitation à 152 personnes ! Grâce au soutien de la Suisse nous avons pu assurer la poursuite de nos activités. Nous avons reçu depuis plusieurs années un soutien financier et moral important. En 2017, nous avons reçu un soutien direct de la Section Suisse d’Amnesty International, de ProVictimis et d’une fondation privée. Ces aides sont un grand encouragement et assurent la continuité de nos services ! Infrastructures et PRESTATIONS communes du Centre SOHRAM Locaux.En plus d’une salle de classe, les élèves ont à leur disposition une salle d’étude et une petite bibliothèque que nous complétons et adaptons chaque année aux besoins des écoliers. Repas gratuits : Pendant la semaine, un repas de midi est préparé dans la cuisine du Centre pour les élèves et les enseignants et, pendant les week-ends, pour les étudiants et les enseignants des cours complémentaires. Ce sont des mères volontaires qui cuisinent ces repas. Les patients qui suivent les traitements de psychothérapie dans notre Centre reçoivent également une restauration. Ainsi, sur l’année, environ 250 personnes bénéficient du service des repas de SOHRAM. SOHRAM met également à disposition une cantine pour les enfants. Service social. – Réintégrer dans la société des victimes de diverses violences est un travail de longue haleine qui ne saurait se limiter à l’éducation et aux soins médicaux et psychologiques. Il doit donc être complété par un certain nombre d’aides d’ordre social. Voici ce qu’offre le Service social de SOHRAM : 

  • Une assistante sociale, épaulée par une dizaine de volontaires, visite les familles et les classes d’école des enfants aidés par SOHRAM, afin de dépister assez tôt les problèmes (de santé, psychologiques, sociaux, administratifs…) et trouver une solution.
  • Le même service aide des réfugiés, jeunes et moins jeunes, dans la recherche de places de travail et d’apprentissage. En 2016, il a procuré 34 emplois et 6 places d’apprentissage.
  • Ce service gère également la boutique de vêtements et accessoires ménagers de seconde main, qui se trouve aussi dans notre Centre. 9‘367 personne sont apporté des vêtements et autres objets courants usagés : au total ce sont presque 42’000 objets divers qui ont été distribués en plus de 200 jours et dont 15’326 ménages ont bénéficié.

Les réfugiés Syriens et les habitants de Diyarbakir bénéficient de notre boutique Service d’aide juridique. – Une avocate travaille bénévolement dans notre service juridique. Ainsi nous pouvons offrir des conseils juridiques gratuits aux victimes de la torture et de la violence qui viennent déposer leur dossier chez SOHRAM. En 2017, 42 réfugiés Syriens et 12 autres victimes de la torture et de la violence, au total 54 personnes, ont bénéficié de ces consultations juridiques. En outre, notre avocate donne des séminaires aux étudiants et aux femmes sur les droits de l’enfant et de la femme. ORGANISATIONS QUI SOUTIENNENT NOTRE CENTRE Grâce à leurs généreuses contributions, ainsi qu’à celles d’un nombre important de donateurs privés, notre travail a pu se poursuivre en 2017. Au nom de toutes les victimes que nous avons pu aider, nous remercions vivement tous les donateurs, et en particulier les organisations ci-dessous :

  • Réintégration au lieu d’exil, association de soutien à SOHRAM-CASRA (Suisse)
  • ACAT-Suisse – Action des chrétiens pour l’abolition de la torture – Berne
  • OMCT – Organisation mondiale contre la torture, Genève
  • ProVictimis, Genève
  • Section suisse d’Amnesty international
  • IRCT/OAK Foundation (International Réhabilitation Council for Torture Victims) Copenhague/Danemark
  • Fondation « Die Schwelle », Brême/Allemagne
  • Ambassade de Suisse à Ankara
  • Église réformée du canton de Zoug et Paroisse catholique du Sacré-Cœur de Bâle.
  • Fondation Pro-Anima (Suisse)

Adresse du Centre SOHRAM: SOHRAM – CASRA, Kurt Ismail Pasa Mah. 2.sokak Demiray Apt. Kat:3/8  ofis / Diyarbakir / Turquie Tél.: 00 90 412 224 44 77 e–mail:  sohramder@gmail.com  – site Internet: www.sohram.com (langues: turc et français)

  Diyarbakir, janvier 2017     Yavuz Binbay, Président de SOHRAM-CASRA
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Comment soutenir SOHRAM-CASRA?

L’Association de soutien suisse «RÉINTÉGRATION au lieu d’EXIL» récolte en Suisse des fonds pour le Centre SOHRAM, qu’elle lui reverse intégralement, sans déductions administratives. «Réintégration au lieu d’Exil», fondée en 2004 à Fribourg, est une organisation de bénévoles reconnue d’utilité publique ; les dons provenant de Suisse sont déductibles des impôts, selon le droit fiscal de chaque canton. Membres du comité et de l’équipe administrative : Susanne Zbären, présidente d’honneur ; Thierry Delay, président ; Patricia Cosandey trésorière-secrétaire ; Norbert Schütz ; Lea Gerber ; Mustafa Binbay.

Versements bancaires :   Banque Cantonale CH-1701 Fribourg Clearing 00768 en faveur du cpte no CH03 0076 8250 1175 1691 8 RÉINTÉGRATION AU LIEU D’EXIL soutien à SOHRAM-CASRA, Diyarbakir Code IBAN:CH03 0076 8250 1175 1691 8 Code SWIFT: BEFRCH22 Versements par La Poste suisse : Banque Cantonale CH-1701 Fribourg Compte postal 17 – 49 – 3 en faveur de CH03 0076 8250 1175 1691 8 soutien à SOHRAM-CASRA, Diyarbakir  

Contact – renseignements au sujet des comptes et du budget de SOHRAM et de Réintégration au lieu d’Exil ou de toute autre documentation : Thierry Delay, pasteur Président de Réintégration au lieu d’Exil 5, Ch. de la Carrière 1646 – Echarlens tdelay@mac.com